L’IA, c’est la vapeur du XXIème siècle

L’IA, c’est la vapeur du XXIème siècle

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Je vois un peu l’IA comme la vapeur du XIXème siècle.

L’IA n’est pas un danger en soi. Ça n’est pas non plus une fin. C’est bien un moyen, un outil, voire une énergie. Et je trouve que beaucoup de gens ont tort quand il pense que l’IA va faire disparaître le travail ou qu’elle va remplacer l’humanité. Pour moi, ça n’est pas le bon débat et c’est surtout une méprise sur sa nature. L’IA n’est pas un monstre doté d’une conscience qui se retournerait à terme contre ses créateurs. Cette vision apocalyptique, souvent lue et vue, me paraît bien naïve, et prête à l’IA des qualités qu’elle n’a pas : une conscience, des qualités empathiques, du désir, de l’affection. Tout ce qui est proprement humain, en fait !

En revanche, l’IA me semble représenter plutôt une sorte de nouvelle source d’énergie (même si ça n’est pas ce qu’elle est du tout) qui permet de démultiplier la force de l’intelligence, au sens intelligence mécanique, celle qui sert à faire des calculs et à conduire des raisonnement logiques, ou celle qui sert à enchaîner des tâches intellectuelles complexes.

Un peu comme la vapeur l’a fait au début du XIXème siècle, l’IA devrait permettre de démultiplier la force de cette intelligence et de permettre à l’humanité d’accomplir plus vite et en très grande quantité nombre de raisonnements complexes. Analyser des radiographies, prédire des tendances de consommation, de mode, composer de la musique, des images, détecter des « patterns’ intéressants dans des masses de données (comme pour la reconnaissance de visage au milieu de la foule ou la recherche de planètes dans le ciel).

Tout cela, et même, sans doute bien plus encore, est déjà vrai, et les applications de la force de l’IA vont très certainement se multiplier. On a dit que tous les métiers dit « intellectuels » vont se trouver impacté par l’IA. Ça me semble très probable. Il n’y a pas vraiment de doute à avoir là dessus.

Mais pour autant, semble-t-il logique de croire que l’IA remplacera l’humain ? Il y a de nombreux débats sur la question et je trouve aussi ridicule les gens qui pensent qu’il n’y aura plus de travail pour les humains ou alors les gens qui pensent que l’IA ne va pas détruire d’emplois. Les discours extrêmes sont toujours les plus écoutés, mais sont rarement les plus prédictifs.

D’autant qu’il me semble assez facile de se fier à l’histoire pour voir comment les progrès technologiques affectent les sociétés humaines. Rarement (et en fait jamais), on ne tombe dans le scenario apocalyptique ou angélique. La vapeur, certes, a détruit des millions d’emplois, mais pour autant, l’humanité a créé de nombreux autres millions d’emplois. Et quand on fait le compte aujourd’hui, on voit bien qu’il y a bien plus d’êtres humains qui travaillent qu’il n’y en a jamais eu auparavant.

Les agriculteurs ont disparu, certes. Mais qui aurait envie de vivre la vie d’un paysan du XVIIIème ou XIXème siècle ? Personne.

Les ouvriers sont également en passe de disparaître. Mais de la même manière, qui aurait envie de retourner au travail à la chaîne aujourd’hui ?

L’IA va certainement aussi, de la même manière que la vapeur, entraîner d’immenses mutations dans la société qu’il est sans doute très difficile de prédire.

Pourtant, moi, je fais une prédiction :

  1. L’IA va permettre d’éliminer encore de nombreux métiers pénibles et inintéressants
  2. L’IA va permettre d’accélérer les découvertes scientifiques et améliorer le progrès humain dans de nombreux domaines
  3. L’IA va permettre de réduire le temps de travail (soyons honnête, malgré les pays où le travail semble être une obsession politique, les humains ne cherchent jamais à  travailler plus)
  4. L’IA va métamorphoser la manière de travailler de nombreuses personnes dans les métiers dits intellectuels
  5. L’IA va permettre (enfin) le développement des métiers de services à la personne

Je ne suis pas un optimiste béât. Toute révolution technologique a entraîné des excès et causé des dégâts. Et il n’y a pas de raison que l’IA échappe à ce postulat. Mais maintenant que nous avons le recul de l’histoire, peut-être pourrions-nous apprendre à intégrer le progrès technologique sans la casse sociale ? Etant donné le niveau de richesse accumulé des pays les plus riches et les moyens dont ils disposent, il n’y a pas de raison que ça ne soit pas possible.

Photo par Christopher Burns sur Unsplash

Une réponse à « L’IA, c’est la vapeur du XXIème siècle »

  1. […] des failles de systèmes dont la taille rend la surveillance compliquée, des emballements, comme une machine à vapeur aurait pu s’emballer du temps de l’ère pré-industrielle (cela a du arriver, […]

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