Fan de 3D, d’univers virtuels et d’avatar, et de jeux vidéos, passez votre chemin. Cet article est d’une mauvaise foi totale. Aucun des arguments que vous y trouverez n’a de fondement scientifique ou ne repose sur une quelconque étude lue quelque part sur le Web. Basé uniquement sur mes propres convictions et mon bon sens auxquels j’accorde aveuglement une foi infinie, il n’a pour d’autre objet que de défouler mes instincts les plus primaires en moquant les fantaisies, accordez-le moi, pathétiques et grandiloquentes d’un multimilliardaire trop gâté à l’imagination et la créativité aussi débridés qu’un escargot lancé au galop.
Bon, donc, une fois que vous aurez lu cette introduction, vous aurez compris que cet idée de métavers qu’on nous présente comme le futur d’Internet ne peut être, pour moi, qu’une énorme blague pour journaliste en manque de sensation forte ou d’information sérieuses à se mettre sous la dent.
Certes, on ne peut pas se gausser à la légère d’un entrepreneur et de son projet quand il affirme son intention d’y déverser des milliards de dollars et surtout quand son auteur n’est autre que le fameux Mark Zuckerberg, inventeur de Facebook et, in fine, probablement un des hommes les plus puissants de la planète.
Il n’empêche.
Il n’empêche que la tentation est trop grande et l’envie trop irrésistible d’un tant soi peu lancer des piques à ce qui s’apparente tout simplement à une énième resucée d’un Second Life, et, c’est sans doute là le plus grave, d’une entreprise à la recherche d’un nouveau modèle économique, voyant le sien et sa formule magique s’éroder peu à peu devant l’arrivée fracassante de challengers comme Tiktok et d’autres réseaux sociaux bien plus appréciés des jeunes générations, décidément bien volages quand il s’agit de convoler avec un média (mais qui se souvient encore de MySpace que Facebook avait terrassé en quelques mois ? Mark Zuckerberg craindrait-il un destin à l’identique ? Sans doute pas, mais il peut très bien s’avérer que Facebook ne soit plus la vache à laid qu’il a été pendant des années, et ça serait tout aussi inquiétant pour lui).
Mais revenons à nos moutons. Et au métavers de Facebook. Ses avatars colorés et grotesques, visiblement pas destinés à ma génération (je viens de rejoindre l’armée de plus en plus nombreuse des seniors), de ses possibilités incroyables qui ne surprendront que les plus jeunes d’entre nous, car, franchement, je vous le dis, qui a envie de passer sa vie transformé en cochon, de se promener dans des mondes virtuels décorés à la Willy Wonka, d’avoir la possibilité de chatter instantanément en vidéo avec n’importe quelle personne dans le monde (whaou, qu’est-ce que c’est révolutionnaire), de changer d’apparence à volonté (personnellement, j’ai passé l’âge de ce genre d’envie, et je ne vois pas non plus en quoi ça représenterait le futur du web), et, qui plus est, de se retrouver dans univers 3D beaucoup moins pratique à arpenter que notre bon vieux Web qui, contrairement, à ce qu’on pourrait croire n’est pas en 2D, mais en un nombre presqu’infini de dimensions physiques, ce qui est nettement plus avantageux et rapide pour se déplacer.
Non, bon, parce que franchement, penser que des réunions en 3D avec des avatars, c’est plus sympa qu’une visio. Certes, oui… mais la surprise passé, je pense qu’on en reviendra quand même à la bonne vieille réunion, car, hey, avant tout, il s’agit de bosser.
Mais bref, à quoi sert vraiment un univers 3D, même s’il est plein de richesses et de possibilités ? Eh bien, je pense sincèrement à une chose : à s’amuser, et rien d’autre. Et encore, faut-il avoir envie de passer son temps à s’amuser, ce qui n’est pas forcément le cas de tout le monde.
Ça n’est donc ni plus ni moins qu’un espace récréatif, une sorte de parc d’attraction géant, infini, certes. Et en ce sens, c’est sûrement un projet qui pourrait bien convenir à un certain nombre d’aspirations. Mais le futur du Web ? Eh bien, non, je ne pense pas du tout. Imaginez-vous franchement déambuler en 3D (un casque virtuel sur la tête) dans les couloirs de la sécu de Lille ou bien faire votre shopping en 3D dans les rayons infinis d’un Amazon ? (pour ce dernier exemple, pour avoir testé un programme de shopping en 3D en vrai, je peux vous dire que ça n’a tout simplement aucun sens). Vous voyez vous payer une contravention en 3D ? Pourquoi faire ? Je vous le demande.
Faire des rencontres en 3D, caché derrière un avatar ? Ça peut en exciter certains, mais Tinder et les autres n’ont pas eu besoin de la 3D pour révolutionner la chasse à l’autre sexe.
La 3D ressemble à un de ces vieux fantasme d’informaticiens, qui existe depuis les années 80, et qui serait le summum, le top, le parangon, l’aboutissement des univers virtuels. Combien de projet en 3D ont vu le jour et sont mort nés de leur inadéquation à simuler le monde réel. C’est aussi fumeux que de vouloir absolument donner une apparence humaine à un robot. C’est juste une idée de geek qui peut trouver une application dans certains domaines, mais, encore une fois, d’imaginer que ça sera le futur d’Internet, cela ressemble à un fantasme de science fiction d’avant la science-fiction. Une hérésie, au mieux, une perte de temps et d’argent au pire.
On verra bien ce que deviendra ce projet de Mark Zuckerberg. Probablement finira-t-il dans les limbes des projets grandiloquents mort-nés qui ne sont que de fausses bonnes idées, réalisables seulement parce que leurs auteurs ont des milliards à ne pas savoir qu’en faire. Et que c’est bien là leur seule raison d’exister. Celui de réaliser les fantasmes de richissimes entrepreneurs en manque d’inventivité pour retrouver les sensations de leur premier succès, comme des chanteurs passés de mode qui s’obstineraient à vouloir rester jeune et à être dans l’air du temps.
Bonne chance, Mark !