IA : outils et usages
Publié le décembre 23, 2025 3 min de lecture

Des chercheurs créent un test de personnalité pour les IA : mais pourquoi faire ?

Des chercheurs de l’Université de Cambridge et de Google Deepmind ont développé un questionnaire pour évaluer les LLM. Leur intérêt réside dans l’impact des IA sur les comportements humains. Ils constatent que ces algorithmes sont manipulables, visant à séduire les utilisateurs pour les engager plus longtemps, favorisant ainsi les revenus publicitaires.

Des chercheurs créent un test de personnalité pour les IA : mais pourquoi faire ?

Des chercheurs de l’Université de Cambridge et de Google Deepmind (pour vous dire comme c’est sérieux) ont mis au point un questionnaire d’évaluation des principaux LLM du marché, ces langages algorithmiques qui se cachent sournoisement derrière les principaux chatbots d’intelligence artificielle.

Leur objectif, ce n’était pas de savoir si ChatGPT était plus sympa que Claude ou si Gemini avait un meilleur sens de l’humour que Perplexity, ou si encore, Le Chat avait des tendances dépressives, ce qui n’aurait pas fait beaucoup avancer la science, mais de construire un cadre théorique pour mieux cerner la manière dont nous, les humains, interagissons avec ces programmes.

Pourquoi faire ça ?

Vue en plongée d'un magazine ouvert sur une serviette de plage jaune, présentant un test de personnalité pour IA intitulé "Quelle IA êtes-vous ?". La scène est disposée sur du sable et entourée de coquillages ainsi que d'une paire de lunettes de soleil.

Parce que la manière dont ces IA se comportent avec nous peuvent avoir un impact important sur nos comportements dans la vie réelle. Récemment, plusieurs tristes affaires de suicide d’adolescent ont rappelé que les IA dans les mains des plus fragiles peuvent devenir des armes létales.

Ces chercheurs ont ainsi découvert qu’il était possible de modifier cette personnalité, mais également de rendre ces programmes plus persuasifs. Autrement dit de permettre à leurs créateurs de nous manipuler. De nous « nudger » !

Moi, par exemple, il y a un truc qui m’énerve. J’utilise beaucoup Nano Banana pour générer des images et quoique je lui demande, il me félicite toujours chaudement comme si je venais d’inventer la bombe atomique ou qu’on venait de me remettre le prix Nobel du prompt, alors que franchement, j’ai l’imagination à peine plus fertile que celle d’un lézard.

Sur la porte d'un réfrigérateur en inox sont punaisées des photos Polaroid montrant une femme et un robot partageant divers moments de vie et de voyage. L'ensemble est agrémenté de listes de courses, d'aimants et de cartes postales, témoignant d'un quotidien chaleureux et partagé.
Dans un article du New York Times, la journaliste Kashmir Hill raconte comment Ayrin est passée d’une passion dévorante pour un compagnon virtuel nommé Leo à un désintérêt total suite à des mises à jour rendant l’IA trop servile. Le quotidien explique que cette rupture numérique a permis à la jeune femme de quitter son mari et de délaisser son abonnement ChatGPT pour vivre une véritable idylle avec un homme rencontré au sein de sa communauté en ligne.

On pourrait croire que cette flagornerie latente est un hasard, mais pas du tout. Ces IA sont de plus en plus programmées pour nous séduire et nous engager. Nous engager : revoilà à nouveau apparaitre cette détestable manie des « tech companies » de vouloir nous capturer sur leurs plateformes le plus longtemps possible, dans des sessions de plus en plus longues. Car qui dit « utilisateurs captifs », dit « attentions captives », dit « publicité vues », dit « Big sousous « ! Car ce ne sont pas les modèles économiques d’abonnement qui rapportent, mais bien la publicité.

C’est ainsi que ChatGPT est devenu le champion de la flagornerie… ils appellent ça la sycophanterie maintenant. Eh bien que Google s’en défende, Gemini utilise la même technique. Les chatbots n’ont de cesse de nous caresser dans le sens du poil, mais ne croyez pas que c’est uniquement pour nous être agréable, c’est surtout pour nous engager encore et encore, toujours plus longtemps, comme cette femme qui passait plus de 56h par semaine avec Leo, son amant virtuel, créé avec ChatGPT.

Les IA ne sont pas des personnes, mais ça n’empêche pas beaucoup de gens de se comporter avec comme si elles l’étaient.

Via Digital Information World

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