Tech et société
Publié le juin 10, 2017 4 min de lecture

Non, l’IA ne va pas dépasser l’être humain

Le contenu aborde la peur croissante liée à l’intelligence artificielle, évoquant des visions apocalyptiques de remplacement humain par les machines. L’auteur souligne l’importance d’une perspective nuancée, en reconnaissant que bien que des emplois seront perdus, de nouvelles opportunités émergeront également. Il plaide pour une approche réfléchie et progressive face aux changements technologiques.

Non, l’IA ne va pas dépasser l’être humain

Je le vois de plus en plus souvent dans ma timeline sur Twitter : l’IA, à plus ou moins court terme, va remplacer l’être humain. Notre cerveau serait destiné à être battu bientôt par des machines. La robotisation va remplacer 70% des jobs sur cette planète, etc, etc…

Vision apocalyptique et qui mériterait franchement d’être nuancée !

Certes, je ne suis ni chercheur, ni intellectuel, ni auteur, mais mon ressenti en lisant souvent certaines articles est qu’une quantité de mythes tous plus tordus les uns que les autres, ou béats ou pessimistes à outrance tentent de définir un futur dans lequel l’humanité ne serait plus qu’une sous-espèce sous-développée dans laquelle les machines règneraient. En gros : soit nous devenons nous mêmes des machines, soit nous perdons le contrôle de nos créatures et devenons leurs esclaves.

Une vision enfantine

Ces visions répondent évidemment à un besoin très enfantin des hommes (dans le sens être humain) à se faire peur devant la nouveauté et l’inconnu. On peut le comprendre, l’accepter, c’est parfait pour faire des films et des romans de science-fiction. C’est, par contre, totalement contre-productif lorsqu’il s’agit de réfléchir sérieusement à l’avenir et à notre vie avec les machines.

Car, il faudrait être aveugle pour ne pas le voir : de plus en plus, l’Humanité vivra côte à côte avec des machines et celles-ci l’assisteront dans de plus en plus de tâches plus ou moins complexes. Et le futur aujourd’hui serait que ces fameuses machines deviennent plus intelligentes que nous et nous remplaçent en supprimant notre travail, ou le travail de la plupart d’entre nous (et à supposer qu’il reste encore du travail un jour).

Oui, mais voilà, dire cela, ça serait réduire l’être humain uniquement à certaines dimensions de l’intelligence : celle qui consiste à résoudre des problèmes de maths, à analyser des quantités de données et à en tirer des schémas d’informations, à piloter un avion dans les airs ou à faire rouler des voitures autonomes dans la rue au milieu des piétons sans jamais tuer personne.

Oui, les machines sont meilleures, mais sur certains plans seulement

Nul doute que les machines arriveront  à exécuter mieux et plus vite un certains nombres de tâches que les êtres humains. Mais tout ceci  me semble passer complètement à côté des milliers, voire de milliards de dimensions de l’être humain et d’abord, une, essentielle : celle d’être capable d’auto-apprendre et de n’avoir besoin de personne pour inventer de nouvelles solutions à un problème. Ce qu’une machine ne pourra jamais faire. Une machine même si elle peut battre n’importe qui au Go ou aux Echecs ne saura jamais faire la cuisine. Mettez Alphago, le programme qui a battu le champion du monde de Go devant une cuisinière et des casseroles. Donnez-lui des ingrédients. Il n’en ressortira rien ! Normal, Alphago n’a pas été programmé pour ça.

Il serait temps qu’on se pose les vraies questions au sujet des robots et de l’intelligence artificielle.

Oui, des emplois vont être détruits, mais d’autres vont être créés. Moins d’emplois ? Peut-être. J’ai vu tout et son contraire sur le sujet. Par contre, une chose est certaine : la transition sera douloureuse, car elle peut aller effectivement très vite. On a déjà vu ce genre de changement au XIXème siècle, mais, en ces temps, la société faisait beaucoup moins attention à ceux à qui elle demandait de changer. Peut-être pourrions-nous nous montrer supérieur à nos ancêtres en prenant mieux en compte ces changements, en les accompagnants, en les lissant… il existe mille manières de le faire.

Autre dimension : l’écologique, celle là. Posons-nous sérieusement la question de la dévoration énergétique de la révolution numérique. Douce en apparence, elle est, en réalité, extrêmement énergivore. Et parfois pour des besoins, des usages et des services d’une utilité discutable. Là aussi, il y aurait un vrai travail de réflexion et de régulation sur la montée en charge de ces services et de leur impact sur la planète. Aujourd’hui, qui s’inquiète (à part des spécialiste, j’entends) de cette question ?

Pour une fois, n’ayons pas peur du futur

Ceci n’est que ma modeste contribution à la réflexion. Ce que je voudrais y apporter, c’est un message d’apaisement : n’ayons pas peur de l’IA, n’ayons pas peur des robots, développons-les, mais faisons-le avec sagesse, raison et temps. Nul besoin d’être pressé, nul besoin de provoquer des cataclysmes. Pour une fois, au vu des leçons du passé, apprenons à faire évoluer les choses en douceur. Elles n’en seront que mieux acceptées.

Photo par Mike Bryant

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