Hier quelqu’un a acheté un yacht numérique pour 650,000$. Oui, vous m’avez bien lu. Quelqu’un a acheté pour un monde virtuel un yacht virtuel, fait uniquement de lignes de code, pour ce tarif prohibitif.
J’avoue que j’ai beaucoup de mal à me faire à cette idée de payer pour des choses virtuelles. Quelque chose m’échappe. Comment peut-on autant dépenser un objet qui n’existe pas, qui n’est pas présent dans notre monde matériel ? Je ne le comprenais pas jusqu’à présent, mais peu à peu, j’ai fini par intégrer l’idée.
Oui, il est tout à fait possible d’acheter un yacht virtuel à 650,000$, comme il est tout à fait possible d’acheter une œuvre d’art contemporain à plusieurs millions de dollars. La valeur n’est pas dans l’objet, mais dans le travail accompli qu’il a fallu pour le réaliser, pour l’unicité de l’objet, et aussi pour son exclusivité. Car oui, et ça aussi c’est une nouvelle idée à ingurgiter, ce yacht est unique. Oui, il est bien fait de code, mais il n’est pas possible de le recopier à l’infini comme n’importe quel bien numérique. Car ce yacht est crypté, encodé pourrait-on dire, rendu unique par l’utilisation de la blockchain. En quelque sorte, il dispose d’un certificat qui assure à son propriétaire que personne d’autre ne pourra avoir le même yacht, que personne ne pourra le recopier sans une autorisation préalable. Un yacht inviolable !
Cela pourrait paraître fumeux… payer aussi cher pour un objet virtuel dans un monde virtuel, mais après tout, n’importe qui est prêt à payer pour un plan de maison, une plan stratégique, un morceau de musique et n’importe quel sorte de bien, dont la valeur ne repose pas dans la matière dont il est fait, mais bien dans la valeur qu’on lui porte.
A bien y réfléchir, cela n’a donc rien de choquant ni de nouveau.
Ce qui change peut-être, c’est que ce sont des biens dont l’utilité réelle ne peut que s’exercer dans un monde virtuel et que dès que l’on coupe le courant, le bien disparait ! (c’est une image bien sûr). Cela parait sans doute étrange à la plupart des gens, mais, en réalité, comme je le disais dans un de mes précédents articles, le monde immatériel pourrait bien être un des futurs débouchés du capitalisme : la création de biens immatériels.
On y arrive, croyez-moi. Et en cela, Mark Zuckerberg n’a peut-être pas tout à fait tort lorsqu’il annonce que son Metavers sera le futur de l’Internet. Même si je pense qu’il ment, en partie, pour vendre son plan aux investisseurs, mais que, dans le fond, il a bien identifié une nouvelle source importante de revenus pour sa société, un nouvel – oserais-je le mot ? oui – Eldorado.
On peut donc imaginer qu’il existe des débouchés énormes pour tous les fabricants de vrais objets pour fabriquer les mêmes objets en pixels 🙂 La technologie n’est franchement pas compliquée à appréhender. Il suffira surtout de savoir être créatif, de créer un véritable ADN de marque, et de savoir être dans les aspirations et les tendances des gens.
Tout va être possible !