Qui se soucie d’accessibilité numérique aujourd’hui ?
Je rappelle qu’obligation est faite à toutes les entreprises, à quelques exceptions près, de rendre accessible leur sites à une majorité d’utilisateurs.
L’accessibilité, en numérique, recouvre la notion de handicap. On parle d’accessibilité quand il s’agit d’offrir des interfaces numériques utilisables par des personnes souffrant d’un handicap partiel ou total, permanent ou temporaire : les non-voyants, mal-voyants, les DYS, etc. La gamme est large et concernerait, en France, plusieurs millions de personnes, plus de 20 millions si on compte également les personnes en situation d’illectronisme, ce qui fait, je l’avoue, une bonne portion de nos compatriotes.
Ce qui est troublant, chez nous, c’est que le sujet, comme le montre cette assignation en justice, ne semble pas être pris très au sérieux. Des efforts sont faits. Les services publics principaux ne s’en sortent pas trop mal, mais restent encore largement inaccessible, et dans le monde privé, la situation est variable, le meilleur incitatif à rendre ses plateforme numérique accessible restant l’image de marque… bref, un peu une sorte de handicap-washing… mais ne soyons pas sarcastique, car depuis quelques années, petit à petit, l’accessibilité est prise en compte dès le début dans les projets numériques, permettant de réduire son coût d’intégration, et d’augmenter la part des utilisateurs handicapés, ou empêchés, comme on peut aussi dire.
Des entreprises spécialisées existent et devraient « couler » sous la demande, mais ça n’est pas le cas, et pourtant si on ramenait cette préoccupation à une question économique, on se rendrait vite compte que l’accessibilité est plus qu’une commodité, c’est aussi un levier qui permet d’élargir sa cible utilisateurs, et donc ses clients, mais, le fait que le retour sur investissement des chantiers nécessaires à la transformation soit difficilement mesurable, n’encourage finalement pas cette évolution.


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