
Peut-on devenir ami avec une IA ?
Hier soir, à force de scroller indéfiniment sur X pour trouver le scoop de l’année, je suis tombé sur cette étrange startup qui propose rien de moins que l’IHM du futur. Cette IHM (Interface Homme Machine), c’est l’éternel obsession de l’humanisation de nos programmes et de nos machines qui rendrait, supposément, plus faciles, plus chaleureuses, plus conviviales et plus pratiques nos interactions.
Tavus.io – c’est le nom de cette startup – propose donc des compagnons, des sortes d’avatars intelligents, basés sur des IA génératives, chargés de vous assister dans différentes tâches.
L’originalité, c’est que vous pouvez interagir avec ces compagnons via de la vidéo : le dialogue devient profondément humain. Vous voyez l’IA, l’IA vous voit. Je me suis d’ailleurs laissé surprendre par l’un des avatars qui, ayant trouvé ma position dans mon lit très confortable, me l’a fait immédiatement remarquer et m’a proposé des contenus culturels en adéquation avec mon supposé état de détente.
Technologiquement, c’est impressionnant, les avatars réagissent presque en temps réel à la voix, et leurs vidéos sont générés en temps réels également. C’est même troublant, puisque je me suis vraiment surpris à penser que je me trouvais devant une personne réelle, jusqu’à ce que je réalise qu’elle n’était qu’un programme.

Tavus peut vous proposer de connecter votre avatar à votre compte Google et ainsi pouvoir accéder à différentes fonctionnalités, comme l’agenda ou les mails pour pouvoir vous assister. Je vous avoue que j’ai préféré ne pas aller jusque là tant je ressentais un risque d’intrusion dans ma vie pro, et tant j’avais l’impression d’ouvrir l’accès à mes données à une vraie personne. Encore une fois : expérience troublante.

Je ne crois pas à l’avenir de ce genre d’interactions. Mon expérience en UX m’a montré depuis des années que plus on tentait de se rapprochait de la « naturalité », plus on essayait de donner une apparence humaine à un programme, moins il y avait de chances que les interactions soient optimisés. Ça a toujours été le cas, par exemple, pour les univers 3D : le métaverse étant le dernier avatar en date de ce perpétuel échec des développeurs à vouloir créer des univers soi-disant naturels.
Mais pour la première fois de ma vie, je me suis senti parvenu à une frontière étrange, cette fameuse « uncanny valley » si bien nommée par les américains, où la machine, le programme arrive presque à se faire passer pour un humain. On y croit sans trop y croire… et ce sentiment provoque une sorte de malaise que l’on est aussitôt tenté de fuir.
Je termine en laissant la parole au fondateur du fondateur de Tavus, lors de l’annonce du lancement de sa plateforme. Il vous en dira plus que moi sur son ambition.


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