Les bonnes histoires de tonton Elon
Un des principes qui guident les paroles des grands manitous de la tech US est l’enfumement. J’ai mis des années avant de le comprendre. Quand un fondateur veut des fonds, il ne doit pas dire ce qu’il a accompli, ni présenter sa roadmap, il doit envoyer du rêve. Et si possible en taille XXL ou kingsize, si vous préférez, car plus c’est gros, plus ça passe.
Prenez Elon Musk la semaine dernière à Davos, il ne s’est pas gêné pour prédire à peu près tout et n’importe quoi, sachant que depuis des années, pratiquement aucune de ses visions ne s’est réalisée. Sa meilleure blague étant celle de la conduite autonome des Tesla, annoncée et répétée comme un vieux tube disco des années 70, mais toujours aussi invisible.
Opopop, mais là ? Mais non ! Mauvaise langue que je suis.
Sans doute les oreilles d’Elon ont-elles sonnées et qu’il avait besoin de se faire pardonner, car miracle, enfin, la conduite autonome est devenue réalité. Dans un communiqué de presse triomphateur, nous apprenions que Tesla avait enfin atteint le stade 4 de la conduite autonome et allait de ces pas déployer ses premiers robots taxis dans les rues d’Austin, là où son concurrent Waymo fait déjà circuler plusieurs centaines de taxis robots depuis plusieurs mois.
Quel frisson alors parcourut les dos innombrables de l’assemblée mondiale des fans d’Elon. Là, voilà, il l’avait dit, il l’a fait, vous voyez ! Pas un menteur, Elon. C’était juste une question de patience. Vidéos à l’appui se mirent alors à circuler sur les timeline et sur les routes les Tesla sans conducteur. Ni à droite, ni à gauche, nulle part. Des voitures vraiment sans pilote !
Vous y avez cru ?
Dommage, car il n’a pas fallu longtemps aux plus attentifs d’entre nous pour découvrir le truc. Mais oui ! Car il y avait un truc. Le pilote d’assistance, en principe, obligatoire pour les voitures autonomes en phase de test n’avait pas disparu.
Non, ils n’étaient pas dans le coffre. Ni attachés sous la voiture avec une télécommande pour rattraper les gaffes de la voiture.
Ils ‘étaient juste…. derrières… dans une autre voiture.
Donc, conduite autonome, oui, mais toujours pas sans supervision humaine, contrairement à ce qu’avait affirmé notre menteur intergalactique.
Pour être tout à fait honnête, Elon nous avait déjà fait le coup avec ses robots soi-disants autonomes, un autre de ses dadas. Lors d’un cocktail, on pouvait les voir déambuler au milieu des beautiful peoples d’une soirée inaugurales. Là encore, il y avait un truc. Les robots étaient en réalité téléguidés.
Les histoires d’Elon sont comme des tours de magie. Sous les paillettes, il y a toujours un truc, toujours une astuce, toujours un gros mensonge, toujours une tromperie.
Ça n’enlève rien à ses réussites, mais ça relève d’un mode de fonctionnement où le mensonge devient une nécessité pathologique qui finira par rendre sa parole inaudible.
Via Eletrek : Tesla didn’t remove the Robotaxi ‘safety monitor’ – it just moved them to a trailing car


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