Comment le métier de développeur se transforme chez Cursor ?
L’exemple de Cursor
Si vous n’êtes pas dans le domaine du développement, vous ne savez sans doute pas qui est Cursor et ce qu’elle fait.
C’est une petite entreprise qui est devenu grande en créant l’un des tout premier IDE assisté par IA. Un IDE : la pioche du développeur, sa pelle ou sa truelle, c’est comme vous voulez. Si vous voyez un développeur, c’est sans doute le nez dedans que vous le verrez le plus souvent.
Cursor y a ajouté un petit truc en plus qui a fait son succès : un assistant IA qui … code à la place du développeur.
Un aperçu du futur
Michael Truell, 25 ans, le boss de Cursor, a pris le temps pendant le weekend de nous livrer l’état de l’art du métier de développeur chez Cursor. Et c’est intéressant, parce que ça permet de voir comment les entreprises les plus avancées dans ce domaine gèrent cette fameuse révolution de l’IA. C’est en quelque sorte l’avant-poste du futur, déjà à nos portes, nous permettant d’y voir un peu plus clair à partir d’une situation concrète, déjà existante, et suffisamment avancée pour que nous comprenions tous bien comment l’IA générative transforme le travail.
Codeurs, designers, tout le monde est touché
On parle de code, cependant, je ne suis pas sûr que l’exemple de Cursor s’applique vraiment aussi directement à d’autres métiers hors du digital. En revanche, avant de continuer à lire la suite, n’hésitez pas à faire un détour par un autre témoignage éminent : celui de Jenny Wen, Directrice du design chez Anthropic, tiens, tiens, et ex-directrice du design chez Figma (re tiens tiens).
La conjonction des transformations est stupéfiante.
Alors que chez Cursor, les développeurs ont de moins en moins tendance à coder (voir mon témoignage de World Sellers), chez Anthropic, les designers ont eux aussi de moins en moins tendance à designer. Les deux métiers se rapprochent presque jusqu’à fusionner en un seul, presque…
La fin du travail cognitif tel que nous l’avons connu
Mais surtout, ce qui frappe, c’est l’impression folle que l’IA dans ces deux entreprises marque la naissance de la fin du travail pénible dans le domaine cognitif, comme si nous revivions à deux siècles de distance à nouveau la révolution agricole quand les hommes et les femmes disparurent peu à peu des champs pour être remplacés par des machines.
Vraiment, en lisant ces témoignages, c’est l’impression que j’ai eu. Non pas un changement fondamental de ce qui est produit, mais une libération par la machine (les data-centers, donc) de toutes les parties pénibles des métiers de la création de produits numériques.
Adieu fourches, pics, faux ! Bonjour IA ! En furetant d’ailleurs sur les réseaux sociaux, vous y verrez qu’ils sont parsemés de posts de développeurs submergés par le plaisir qu’ils ont à vibecoder et par le temps qu’ils peuvent consacrer à leur nouvelle façon de travailler (Vous vous souvenez de l’étude de Harvard Business Review à propos de ce que faisait l’IA sur notre façon de travailler ? Relisez-la.)

L’IA va libérer le cerveau de toutes ses tâches serviles
Dans ces deux métiers, il semblerait que les qualités les plus importantes ne soient plus le « faire », la force brute du cerveau, mais le « concevoir », son aptitude unique à créer et à inventer, la partie la plus intéressante et la meilleure du travail.
Lisez le post de Michael Truell. Il y explique très clairement comment le métier de codeur a disparu ou est progressivement en train de disparaître chez Cursor en moins d’un an, ce qui est très très très rapide. Le petit schéma, là au-dessus ce ce paragraphe, est la traduction de ce mouvement. On y voit comment l’assistance pour développer est passée de la fonction tab (lisez l’article pour comprendre la réf) à celui du management d’agents et à la construction de micro-usines à code.
Une évolution qui corrobore ce que disait très récemment le CTO de Spotify : leurs meilleurs développeurs ne codent plus.
Conclusion : apprenez à vous servir des agents IA
Je m’arrête là, parce que c’est lundi et que je ne voudrais pas trop vous encombrer avec des pensées lancinantes, mais posez-vous vraiment la question et répondez-y honnêtement, si vous utilisez régulièrement des agents IA : comment ceux-ci transforment-ils votre travail et comment changent-ils votre vie ? Je serais curieux d’avoir vos témoignages.
PS : Évidemment comparer la révolution de l’IA à celle de l’agriculture a quelque chose d’assez vertigineux quand on voit ce qu’est devenu le monde agricole dans les pays les plus avancés technologiquement. Constater cette transformation ne peut que soulever des questions particulièrement angoissantes sur le devenir de nos fonctions dans la société. C’est le débat qui nous anime tous en ce moment et sur lequel personne ne s’entend. Mais, encore une fois, s’il est impossible d’y répondre, je crois fermement que la bonne attitude à avoir est de rester vigilant, alerte, d’apprendre et d’essayer de se mouvoir toujours en avant dans cet univers fortement changeant


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