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LaREF : ce qu’il faut retenir de l’intervention de Roland Lescure sur l’avenir des entreprises

LaREF : ce qu’il faut retenir de l’intervention de Roland Lescure sur l’avenir des entreprises

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La Rentrée des Entrepreneurs de France (LaREF), événement incontournable organisé par le MEDEF, s’est tenue cette année dans un contexte économique et politique particulièrement scruté.

Pour moi, l’un des temps forts de cette édition a indéniablement été d’assister à l’échange entre Marie Visot et Roland Lescure, ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique. Cette rencontre m’a permis d’y voir plus clair sur la position du gouvernement face aux inquiétudes que nous partageons en tant que dirigeants d’entreprise, notamment concernant le futur budget de l’État.

Reconnaissance de l’engagement des entreprises

En préambule, j’ai apprécié que le ministre tienne à saluer le rôle central de nos entreprises dans la résilience du pays. En soulignant l’importance de l’économie dans le débat public en cette année électorale, il a dressé un parallèle très juste – et qui m’a marqué – entre les pompiers mobilisés face aux incendies estivaux et les chefs d’entreprise.

J’ai notamment retenu le chiffre qu’il a rappelé : plus de 20 000 entreprises, dont 15 000 rien qu’en Gironde, ont dû faire face aux conséquences des intempéries et des incendies. Il a reconnu que nous avions fait preuve d’une solidarité remarquable pour maintenir notre activité à flot.

Un « Pacte de Stabilité » face aux contraintes budgétaires

Lors de cette discussion, j’ai bien senti que l’enjeu central portait sur l’élaboration du prochain budget de l’État. Face au risque d’un déficit public s’élevant à 6 %, j’ai écouté Marie Visot se faire le relais de nos craintes patronales concernant une éventuelle hausse de la pression fiscale.

En réponse, Roland Lescure a proposé un « Pacte de Stabilité » pour l’année à venir, visant à offrir, à nous et aux investisseurs, la visibilité dont nous manquons. Il a ainsi pris deux engagements concrets concernant des dispositifs essentiels :

  • Le maintien du Crédit d’Impôt Recherche (CIR) : le ministre a rassuré l’assitance en garantissant que ce dispositif, véritable pilier de l’attractivité française pour l’innovation, ne serait pas modifié dans le projet de budget.
  • La sanctuarisation du Pacte Dutreil : outil majeur pour faciliter la transmission des entreprises familiales, j’ai noté qu’il ne subira pas de nouveau durcissement, après les ajustements qui avaient été votés l’année précédente.

Concernant la surtaxe exceptionnelle appliquée aux très grandes entreprises, le ministre a indiqué sa volonté de plaider pour sa baisse, tout en nous rappelant qu’elle ne concerne heureusement pas la très grande majorité (99 %) de notre tissu économique national.

Bilan des réformes et maîtrise de la sphère sociale

Pour justifier sa ligne économique, Roland Lescure s’appuie sur le bilan des réformes structurelles menées depuis dix ans. Il a mis en avant plusieurs indicateurs macroéconomiques positifs : un taux d’emploi historiquement élevé, le succès de l’apprentissage (avec 6 millions de jeunes formés), l’augmentation de l’emploi des seniors, la recréation de sites industriels, sans oublier le dynamisme de la French Tech (qui compte 36 licornes et un volume de levées de fonds supérieur à celui de l’Allemagne).

Le ministre a aussi défendu devant la salle sa proposition de sous-indexer partiellement les retraites par rapport à l’inflation. Il a justifié cette mesure forte par la réalité du vieillissement démographique qui pèse mécaniquement sur notre système de retraite par répartition ; un système dont le solde, selon ses propres termes, ne se maintient aujourd’hui que grâce à l’immigration.

Renforcement de l’industrie verte et de la modernisation

Au-delà de la rigueur budgétaire, il a détaillé sa feuille de route pour poursuivre la politique de l’offre et la réindustrialisation. Il a ciblé deux leviers stratégiques qui me semblent cruciaux :

  • L’élargissement du Crédit d’Impôt Industrie Verte (C3IV) : ce dispositif sera non seulement prolongé, mais aussi étendu à de nouveaux secteurs clés pour la transition écologique. Il concernera notamment l’extraction de terres rares et la production d’aimants permanents, avec pour objectif affiché de réduire notre dépendance industrielle vis-à-vis de la Chine.
  • Le soutien à la robotisation : soulignant le retard français en matière de robotisation industrielle (deux fois moindre qu’en Allemagne), il a annoncé l’intégration d’un mécanisme de suramortissement dans le prochain budget. Ce dispositif sera spécifiquement destiné aux PME et ETI pour nous aider à accélérer la modernisation de leurs outils de production.

Évolution de la politique commerciale européenne

Durant son intervention, il a également parlé du changement de paradigme opéré au niveau européen en matière de politique commerciale, marquant ce qu’il a qualifié de « fin de la naïveté ».

Pour convaincre, il a illustré ce virage protectionniste par deux exemples récents :

  • Le bonus écologique ciblé : les aides à l’achat de véhicules électriques sont désormais conditionnées à une production européenne. Cette mesure a permis de contenir les parts de marché des constructeurs chinois à 6 % en France (contre 18 % au Royaume-Uni), tout en relançant la production locale au sein de groupes comme Renault et Stellantis.
  • La taxation douanière du e-commerce : sous l’impulsion de la France, l’Union européenne a anticipé au 1er juillet la mise en place d’une taxe sur les petits colis importés à bas coût. D’après ce qu’il nous a rapporté, cette mesure aurait déjà entraîné une baisse d’environ 30 % à 50 % de ces flux d’importation.

Perspectives pour les mois à venir

Enfin, lorsqu’il a été interrogé sur la capacité d’action du gouvernement à l’approche de la campagne présidentielle, j’ai senti chez Roland Lescure une réelle détermination à poursuivre les chantiers en cours.

Parmi les priorités qu’il s’est fixées pour les huit prochains mois, il y a l’instauration de la préférence européenne dans la commande publique, le financement des nouveaux réacteurs nucléaires, ainsi que des investissements stratégiques massifs dans l’intelligence artificielle et la cybersécurité.

En conclusion, j’espère, tout comme lui, que le débat budgétaire automnal ne sera pas sacrifié sur l’autel des stratégies électorales, afin que notre pays puisse se doter d’un budget clair et préserver sa stabilité économique.

Revoir l’échange en vidéo : https://www.linkedin.com/posts/medef_roland-lescure-ministre-de-l%C3%A9conomie-des-activity-7498064768012931072-X38o

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