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L’UX design pour lutter contre la fracture numérique

L’UX design pour lutter contre la fracture numérique

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Je ne crois pas qu’on doive toujours et uniquement résoudre les problèmes d’accès au numérique par la technologie. Dans une étude récente, l’UFC Que Choisir montrait que 6,8 millions de personnes au moins ne bénéficiaient pas d’une connexion Internet suffisamment rapide (soit d’au moins 3Mo/s). Ces personnes se trouvant très certainement dans les zones rurales les plus reculées, ce sont donc elles qui logiquement, coûtent le plus cher à relier, alors que ce seraient elles qui auraient naturellement le plus besoin de services délivrés à distance par Internet.

Or, la réponse à un tel problème peut ne pas être que technologique, comme c’est souvent ce qui est envisagé. Améliorer l’accès au haut-débit est une bonne chose, mais coûte cher et prend du temps. C’est un effort dans le sens de « l’élargissement des tuyaux », mais il existe aussi un autre moyen de le faire : c’est de diminuer le poids des contenus.

Depuis l’arrivée de l’ADSL en France, puis de la 3G, les pages webs n’ont cessé de prendre du poids. Pour des bonnes raisons parfois (plus de fonctionnalités dans les pages, plus d’interactivité), mais pas toujours (scripts de lecture des cookies pour afficher de la publicité, faire du tracking, implémenter des solutions en Saas, etc.)

Or, pour la même qualité de service, il pourrait tout à fait être possible de diminuer le poids de ces pages. D’abord, par des designs  qui simplifieraient le poids du code, mais aussi celui des médias, puis ensuite, en accordant, dans les phases de conception, une attention plus grande au facteur poids (ce dont tout le monde se contrefiche aujourd’hui, surtout les webdesigners et les intégrateurs qui ont l’habitude de travailler sur des machines puissantes dans des environnement hautement connectés et qui ne prennent jamais le temps de tester leurs réalisations dans des environnements dégradés).

Certaines sociétés mettent déjà en oeuvre ce principe. Par exemple, l’outil Gmail de Google peut être vu en mode « dégradé » pour les connexions à bas débit. Mais, ce n’est pas forcément la bonne solution.

On pourrait peut-être à l’inverse inventer des designs responsives en fonction de la vitesse de connexion et en concevant les sites webs de la version la plus dégradée à la version la plus riche.

Cela mettrait sur un pied d’égalité plus d’utilisateurs d’Internet et surtout permettrait aux habitants les plus défavorisés d’accéder à une meilleure qualité de service, sans pour autant pénaliser ceux bénéficiant de très haut débit et sans avoir forcément à mettre en place des solutions technologiques onéreuses.

Evidemment, pour que cela marche, il faut une vraie prise de conscience des concepteurs d’applications digitales (les UX designers), et une vraie volonté de se plier à un autre mode de conception. Mais pourquoi pas ? Dans le public, notamment, il y a un réel intérêt à faciliter l’accès à tous à Internet. Et pour une fois, il existe une solution pas forcément plus chère à mettre en oeuvre.

Bonne journée !

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