En discussion avec Stéphanie Laffargue de l’Institut CSA pour préparer une table ronde sur l’inaccessibilité du Web, elle m’apprit que parmi les personnes touchées par l’illectronisme, 5% étaient des jeunes de 18 à 30 Ans. Je lui demandais si c’était pour des raisons matérielles ou des raisons d’éducation ou de CSP, mais elle me répondit que non et qu’il s’agissait plutôt de ces jeunes qui « entraient » dans l’Internet par les réseaux sociaux : Snapchat, Instagram et toute la compagnie. Tellement habitués à des interfaces simples avec très peu d’interactions, pleines d’images et presque sans texte, il leur était extrêmement difficile de surfer sur un site Internet de ecommerce sur un écran d’ordinateur. N’étant à l’aise ni avec l’ordinateur, ni avec la complexité (relative) de ces sites.
Cela nous rappelle qu’il ne faut jamais avoir de préjugés sur les utilisateurs d’une interface et qu’il faut toujours, toujours, avant de lancer un produit digital s’intéresser de très près à sa cible par des interviews, des questionnaires, mais surtout par les tests utilisateurs qui sont et resteront pour longtemps la meilleure manière de comprendre son véritable comportement.
Et d’ailleurs, ne soyons pas naïf. Certains l’ont déjà bien compris en offrant des fonctionnalités – comme l’achat en ligne – directement dans leurs interfaces simplifiés. Hier, ainsi, Instagram annonçait en grandes pompes le lancement d’Instagram Shopping qui permet de faire ses achats directement à travers l’application sociale.
Tiktok offre aussi des possibilités similaires et désormais toutes les applications orientées vers les jeunes ont des fonctionnalités adaptées à leurs besoins spécifiques, créant ainsi des habitudes pour les années à venir.
Mais l’IA pourrait bien remettre en cause tout cela.


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