Ce fake m’a fait bien rire, bien qu’il n’ait rien de drôle.
Car derrière cet aimable montage photographique se cache un véritable enjeu économique, un combat pour la survie, celle des chaînes hertziennes nationales, effacées peu à peu de nos télécommandes, tandis que les boutons Netflix, Amazon, Disney les remplacent peu à peu. Si vous ne comprenez pas ce que je vous raconte, lisez l’article des Échos, paru cette semaine, qui explique comment certains députés se sont emparés de ce combat pour faire interdire ces fameux boutons qui montrent à quel point les interfaces jouent un rôle de plus en plus capital dans nos sociétés. On parle bien de quelques boutons de télécommandes.
Quand j’étais petit, je m’en souviens, il y en avait 6 sur le téléviseur couleur de mes parents. Mais il n’y avait que trois chaines, dont une n’éméttait que l’après-midi. Il y avait trop de boutons et je ne comprenais pas pourquoi le fabricant en avait mis autant. Ce que je ne savais pas, c’est que dans d’autres pays, il y avait plus que trois chaînes. Et que les fabricants fabriquaient leur télé pour tous les pays du monde.
Aujourd’hui, c’est l’inverse. C’est la pénurie de boutons. On peut certes en mettre un certain nombre sur une télécommande, mais certainement pas autant que de chaînes disponibles sur une box. Et on comprend mieux la guerre des boutons qui s’annonce.
Tout ergonome sait que l’humain dans sa perpétuelle recherche d’économie d’énergie pour parvenir à ses fins, aura toujours tendance à privilégier le geste le plus simple, le moins consommateur, le plus court… et évidemment, dans sa quête de divertissement, on peut comprendre qu’avec sa télécommande, avachi dans son canapé, il n’ira pas faire l’effort d’aller chercher les programmes qui lui sont le moins accessibles. Si votre chaîne n’est pas dans les 10 premiers boutons, ou, encore mieux, si votre chaîne n’a pas son propre bouton qui se détache sur le petit boitier noir en plastique qui sert à diriger le destin du consommateur de médias, elle recevra moins de visites. En toute logique !
Les boutons sur la télécommande, c’est comme les résultats de première page de Google. Plus vous êtes en haut, plus vous êtes cliqué. Et si vous êtes sur la deuxième page, vous êtes mort !
On comprend alors pourquoi nos chaînes nationales hertziennes se révoltent contre ces géants internationaux qui viennent subrepticement leur piquer leur place en nouant des accords juteux avec de non moins géants fabricants de téléviseurs.
Car, ce qui est flagrant dans cette affaire, c’est de voir que ceux que l’on considérait jadis comme des géants, nos bons vieux TF1, France 2, et toute la clique, ne sont plus, dans le jeu mondial du divertissement en images, que des nains face à des Youtube, Netflix, Tiktok, Amazon, et les autres.
Si on leur coupe leurs boutons, ils n’apparaitront tout simplement plus sur nos écrans.
Et on comprend bien leur peur panique et leur appel à l’aide aux députés pour garder coûte que coûte leurs petits boutons numérotés en haut de nos télécommandes.
C’est le combat des petits commerçants de centre-ville face aux hypermarchés.
Des David contre Goliath, mais on voit bien que les David n’ont pas beaucoup de chances de vaincre cette fois là. Dans ce jeu, il vaut mieux être le plus gros. Et avoir le plus gros bouton !!!
Et là ? On voit bien à quel point l’ergonomie, ça compte non ?


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