Telle est la question
Ce débat, vous l’avez tous vu passer au moins une fois sur votre timeline, et il est simple, utilisez-vous ou pas l’IA pour écrire, dessiner ou faire des vidéos ?
Si oui, vous faites partie du camp du mal.
Sinon, vous êtes un être pur mis en danger par les forces du mal.
Curieusement, ce genre de débat n’a lieu ni chez les développeurs ni chez ceux qui font du SEO, ni, je pense, chez la majorité des utilisateurs d’IA, alors pourquoi faut-il que dans le milieu du design et de la création, on s’inquiète tant de l’IA et on la voue tant aux gémonies, au point qu’utiliser l’IA serait une sorte de crime de lèse-majesté contre la création, une trahison et une compromission avec les géants de l’IA, fossoyeurs de l’environnement, de la liberté de penser et Big Brother des temps modernes. Pourquoi encore maintenant, faudrait-il qu’on considère l’IA comme une machine à décérébrer, une divinité maléfique qui nous détruirait tous et nos jobs avec ?
C’est un peu vite oublier que le produit de l’IA, à partir du moment où nous le publions ne peut être que le reflet de notre pensée. Si nous publions quelque chose en notre nom, il nous appartient, nous en sommes l’auteur, même si ce texte brut qui sort instantanément de la machine lorsque nous lui envoyons un prompt n’est qu’une moyennisation de millions de données issues de la quantité astronomique des créations du Web.
Mais cela n’est pas si simple : écrire un prompt requiert un effort, oblige à réfléchir, n’est pas qu’une instruction lancée au hasard en espérant qu’une sorte de magie opère. « Écris-moi un bon article de blog » ne marchera pas… même l’IA vous demandera de lui en dire plus, et là, vous rentrerez dans un processus créatif, sous la forme d’un échange, dans lequel vous guiderez l’IA, jusqu’à ce que vous atteignez un résultat qui vous paraisse valable. C’est la même chose pour les images et pour les vidéos. Ceux qui se contentent de produire d’un prompt du contenu n’apportent aucune valeur à personne puisqu’il ne font que réassembler du contenu déjà existant. Vous me direz, il existe des manière de réassembler les choses qui peuvent être créatives. Tout à fait ! Personne n’a jamais critiqué un artiste parce qu’il faisait du collage en lui disant que, « eh bien, mon vieux, c’est trop facile ! Tu découpes des images dans les magazines et tu les recolles ensemble. Franchement, tu ne t’es pas foulé. » Oui, parce que voyez-vous, je crois que ce qui se cache devant ces contempteurs de l’IA, c’est la croyance, je ne sais pas où elle prend sa source, que tout travail doit être pénible, toute réalisation doit être le résultat d’un effort pénible, toute œuvre, tout texte de qualité ne devrait n’être que le produit d’un savoir-faire savamment acquis et d’un travail dûment transpiré pour avoir de la valeur.
Cette croyance est totalement fausse. Ce n’est pas l’effort qui fait la valeur. Je connais des gens qui ont transpiré des mois entiers sur des œuvres pour produire de la m…,, disons-le franchement !
Ce qui crée de la valeur, c’est l’intelligence, et l’intelligence peut parfois avoir des fulgurances qui nous fait produire des chefs d’œuvre pour à peine trois gouttes de sueur. Je crois qu’il faut vraiment recentrer le débat et se dire une chose : l’IA est un outil formidable pour aider à écrire. L’IA n’est pas un écrivain, c’est un scribe intelligent qui possède un savoir infini. Ce constat n’impose qu’une conclusion : comment en tirer le parti pour écrire les meilleurs articles possibles ?
Je ne vois pas comment on pourrait s’en passer. L’IA aide à générer des idées, l’IA aide à rédiger des paragraphes, l’IA permet de poser des questions, l’IA nous apporte de la connaissance. Et ce n’est pas une question de productivité, c’est simplement une autre approche de la rédaction, une autre manière de créer, d’écrire…. et je pense que ça peut même permettre à des gens qui n’ont pas de plume de pouvoir aussi exprimer des idées qu’elles auraient du mal à exprimer autrement.
Opposer sans cesse les utilisateurs d’IA à des créateurs purs n’aurait pas plus de sens que de fustiger les photographes numériques vs les photographes argentiques. Chacun fait ce qu’il veut du moment qu’il partage de belles idées !


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