Nous avons appris qu’une nouvelle fonctionnalité sur Grok, l’IA générative de X appartenant à Elon Musk, permettait désormais de déshabiller des gens et de les générer nus, enfin presque : en maillot de bain; en bikini, et même en monokini que vous soyez une femme, un homme ou un enfant, ce qui ne va pas sans poser quelques problèmes éthiques (à tout le moins).
Peu importe répond Elon Musk, qui trouve rigolo de se retrouver lui même en maillot de bain.
Ou qui trouve super drôle que Grok puisse même mettre un bikini à un grille-pain. Nous ne saurions vous dire à quel point cela nous a mis les zygomatiques à rude épreuve au sein de la rédaction, tant nous trouvions ça hilarant. Non, je plaisante : on ne voit vraiment pas quel est le rapport entre un grille-pain et une adolescente de 15 ans mise à nu par une bande de voyeurs sur les réseaux sociaux.
Nous n’avons, c’est sûr, pas le même humour que l’empereur sud-africain de la farce digitale : mettre en maillot de bain tout ce qui bouge étant apparemment une passion chez l’homme le plus riche du monde.
Sans doute comme toutes ces femmes qui se sont retrouvées déshabillées elle mêmes sur les réseaux sociaux sans qu’on leur demande leur avis.
Un manque d’humour, c’est certain.
Ou ces images de jeunes enfants dans des poses suggestives.
Là encore, un manque d’humour, certainement, de la part de leurs parents qui ne comprennent pas à quel point il est hilarant de transformer de simples photos publiques en images pseudo pédopornographiques. Comme l’avait dit feu Pierre Desprosges : « On peut rire de tout, mais pas avec n’importe qui ». Une maxime qui brillait par sa pertinence au temps du Minitel, mais que les réseaux sociaux et l’IA ont rendu quelque peu gênante.
Rire entre copains est une chose : rire sur les réseaux sociaux en dénudant sa petite amie ou la fille sur qui on lorgne sans espoir de rendez-vous depuis des mois, en est une autre. Quel perversité peut saisir une personne qui décide de faire cela ? Inconscience ? Stupidité ? Méchanceté ?
Je dirais que c’est un peu un mélange des trois qui montre à quel point il est urgent d’éduquer les jeunes aux médias sociaux et à leur apprendre à se comporter décemment. Même si le fait de cette diffusion massive d’images de « nus » n’est sûrement pas le fait seulement de jeunes en soif de courbes érotiques, mais de toute une population de goguenard.es pervers.es (je mets à l’écriture inclusive, même si je doute que beaucoup de personne de genre féminin s’adonne à l’humour muskien) dont la bêtise avilie repose sur un manque de considération de la vie privée des autres.
Nous avons d’ailleurs appris chez un de nos concurrents au nom presqu’homonyme du notre que l’acte de montrer quelqu’un en petite tenue sans son consentement était interdit par la loi… comme quoi, l’idée n’est pas nouvelle, mais encore une fois, comme toujours, amplifiée et rendue incontrôlable dès qu’il s’agit d’IA et de réseaux sociaux.
Instant philosophie
Oui, parce que nous ne sommes pas là que pour vous divertir, mais aussi vous faire réfléchir. Tel est notre credo chez Numerika.
La question qui se pose réellement dans cette affaire est : qui est coupable ?
Grok ou les vilains petits canards qui s’emparent de Grok pour diffuser des images pseudo-pornographiques ?
Grok est-il un outil ou un service ?
Si c’est juste un outil, au nom de quoi faudrait-il le limiter ?
Si c’est un service, comment l’empêcher de contourner la loi ?
Après avoir rigolé avec les grille-pains, Elon, lui, est redevenu sérieux et a fait les gros yeux. Sûrement un peu gêné aux entournures (de son maillot), notre fantasque milliardaire a rappelé qu’il y avait bien un loi pour interdire de déshabiller les gens en public et qu’il veillerait personnellement à prendre les devants et à sévèrement punir ceux qui s’amuseraient encore à détourner Grok, la gentille IA, pour de biens méchants usages.
Soyez tranquille ! Il ne se passera rien. Elon serait bien mal avisé de s’en prendre à tous les cancrelats qui font la sève et la réputation nauséabonde de X et de Grok.
PS : comme vous pouvez le voir sur la photo qui illustre cet article, l’équipe de Numerika n’a pas hésité à se mettre dans la peau des victimes des déshabilleurs de Grok pour pénétrer au cœur de la controverse et éclairer votre lanterne avec le retour vécu du réel


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