Je viens de lire un article de Bruno Guglielminetti, sur son blog canadien Mon Carnet, consacré aux dernières annonces d’OpenAI. Et j’avais envie de vous partager une petite réflexion à ce sujet, parce que ça rejoint très directement ce que je suis en train d’expérimenter.
Le 29 septembre, OpenAI organisait son DevDay à San Francisco pour présenter ses nouveautés. Ce qui change essentiellement, c’est la place que l’entreprise veut donner à ChatGPT : un véritable environnement de travail, capable d’héberger des agents autonomes et de permettre à des équipes de collaborer avec l’IA.
Et franchement, à travers mes derniers essais, je commence à voir ce que ça peut donner.
Je n’ai pas encore testé Dots. Mais j’ai déjà du mal à décrocher.
Je précise tout de suite une chose : je n’ai pas encore testé Dots, la principale nouveauté présentée à cette occasion. Ce que je teste actuellement, ce sont les nouvelles capacités de travail de ChatGPT. J’avais un peu mélangé les deux au départ. Mais ce que j’expérimente me semble déjà donner un bon avant-goût de ce qui s’annonce.
Les Dots présentés par OpenAI sont des agents IA capables de poursuivre un travail pendant que leur utilisateur fait autre chose. Ils disposent de leur propre environnement informatique dans le cloud et peuvent utiliser des applications connectées. Ils fonctionnent avec GPT-6 Astra.
De mon côté, je peux déjà lancer plusieurs travaux en parallèle dans ChatGPT et lui demander de réaliser des tâches vraiment complexes. Et ça, c’est assez époustouflant.
Je dicte un article. Il me prépare un PowerPoint.
Je pense par exemple à la création d’un PowerPoint complet à partir d’un article que je lui dicte. Mais ce qui est vraiment très bien, c’est aussi de pouvoir le relier à d’autres applications, notamment à la suite Google.
Je peux lui demander de travailler directement dans Google Slides, de créer une présentation avec ma charte graphique, ou de produire un compte rendu automatiquement mis en forme. Et ça marche très, très bien. On va dire que, dans mes essais, je suis satisfait du résultat à 90 %.
Ce n’est pas parfait. Mais c’est déjà beaucoup.
J’avoue qu’en ce moment, j’ai du mal à me passer de ChatGPT. Pour ce que j’ai pu en tester, je le trouve largement devant Gemini. C’est mon ressenti sur mes propres usages, mais quand je repasse sur Gemini, j’ai parfois l’impression de faire un bond de deux ou trois ans en arrière.
Le revers, c’est que j’atteins régulièrement mes limites d’utilisation. Je me retrouve bloqué et je dois attendre leur réinitialisation, parfois sur ces fameuses fenêtres de cinq heures. C’est un peu frustrant quand on est lancé. Mais le fait que j’en arrive là est plutôt bon signe pour OpenAI : j’ai envie de continuer à m’en servir.
Une suite Microsoft à qui je peux parler
Ce que j’ai surtout ressenti, c’est l’impression d’avoir devant moi une nouvelle suite Microsoft, version IA.
J’ai même testé la version vocale, qui est complètement bluffante. On a vraiment l’impression de travailler avec une autre personne, de lui expliquer ce qu’on veut et de lui donner des instructions.
Et c’est très satisfaisant. Je peux me concentrer sur ma réflexion, sur ce que je veux faire, sur les actions à mener. Toutes les manipulations informatiques, les difficultés ergonomiques, les petites choses qui nous prennent du temps pour arriver au résultat passent davantage au second plan.
C’est ça que je trouve extraordinaire.
Je n’ai guère de doute sur le fait que cette manière de travailler va modifier beaucoup de choses dans les mois et les années à venir. Et probablement très vite.
Pour la suite, il faudra regarder son abonnement
Pour revenir aux Dots, leur déploiement est progressif et concerne certains abonnements payants : Pro, Business Premium et Enterprise. Attention toutefois : au lancement, l’accès Pro exclut notamment l’Espace économique européen, le Royaume-Uni et la Suisse. Avoir un abonnement payant ne suffit donc pas forcément pour y accéder. Les conditions d’accès sont précisées dans la documentation d’OpenAI.
Selon l’article de Bruno, on ne peut créer qu’un seul Dot pour le moment.
Il y a beaucoup d’autres annonces, notamment du côté de la programmation. Je vous renvoie à l’article de Bruno Guglielminetti, qui détaille tout cela.
Il y est aussi question des forfaits, dont certains deviennent franchement coûteux. J’y vois le signe que les grands acteurs de l’IA cherchent maintenant à rentabiliser leurs investissements et à faire payer les usages les plus poussés. Ce qui est assez normal, même si la facture commence à compter.
Dans une PME, on lui confie les clés ?
Mais la question qui m’intéresse surtout est celle-ci : dans une PME, est-ce qu’on peut confier toutes ces tâches à ChatGPT ?
Je dirais oui et non.
Oui, parce que ce que j’ai déjà pu faire avec cet outil me paraît extrêmement prometteur, notamment pour une petite entreprise. C’est aussi ce qui nourrit ma réflexion sur la place de l’intelligence artificielle dans les PME.
Non, parce que la question des données ne disparaît pas avec la qualité des résultats.
OpenAI prévoit des contrôles sur les accès et les actions de ses agents. Mais ça ne dispense pas de se demander quelles informations on leur confie, où elles sont hébergées et dans quelles conditions elles sont traitées.
Cette nécessité de garder la main, je l’évoquais également à propos des chatbots utilisés dans la relation client.
Je ne vais pas développer tout le sujet de la sécurité ici. En revanche, il me semble évident qu’il faut former les collaborateurs et les sensibiliser à ces questions.
Toutes les données d’une entreprise ne sont pas sensibles. Certaines le sont. Et cette distinction doit être faite, à mon avis, dans le cadre d’une politique IA propre à chaque entreprise.
C’est d’ailleurs un sujet que j’aimerais aborder dans un prochain podcast. Si vous avez mis en place ce type de politique, ou si vous accompagnez des entreprises sur ces questions, n’hésitez pas à vous manifester. J’aimerais bien en discuter avec quelqu’un qui l’a fait, qui peut raconter comment ça se passe concrètement.
Et si on récupérait un peu de temps pour réfléchir ?
Parce qu’au-delà des annonces, ce que j’entrevois surtout, c’est un changement dans notre manière de travailler.
Toutes ces tâches répétitives, pénibles, de tri, de sélection, de recherche… Je pense qu’une grande partie va être considérablement simplifiée par les IA, qui pourront les prendre en charge à notre place.
L’automatisation des tâches métier était d’ailleurs au cœur de mon échange avec Michael Delvoye, le créateur de Kozykod, avec cette même question de la sécurité et de la souveraineté des données.
Et ça, c’est une sacrée avancée.
Si cela nous permet de consacrer davantage de temps à réfléchir, à créer et à apporter de la valeur, je trouve qu’on a de bonnes raisons de s’y intéresser. En tout cas, moi, ce que je teste en ce moment me donne vraiment envie de voir la suite.

