Interview avec Jérémy Muller
Développer une application plus vite grâce à l’IA : la promesse est séduisante. Mais que se passe-t-il quand le temps gagné à écrire du code se perd à le corriger ? Pour un dirigeant ou un DSI, la question dépasse la performance de l’outil : où l’IA fait-elle réellement gagner du temps, et quand vaut-il mieux reprendre la main ?
Dans ce nouvel épisode de B2Biz, je reçois Jérémy Muller, directeur du digital, de la data et du développement informatique dans un groupe de distribution automobile de 1 600 salariés. Il partage une expérience concrète : celle d’un mini CRM développé pour un centre d’appels, puis progressivement étendu à d’autres services et à quelque 600 vendeurs supplémentaires.
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Pour accompagner l’évolution de cette application, son équipe décide de confier une partie des développements à l’IA. L’objectif : accélérer le projet. Mais l’intégration du code généré dans l’application existante se révèle plus compliquée que prévu. Sur certaines fonctionnalités, notamment l’authentification, l’équipe finit par reprendre le développement à la main. Jérémy raconte les difficultés rencontrées, les décisions prises et les enseignements qu’il en tire pour la suite.
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Au fil de notre échange :
- Pourquoi un code généré rapidement par l’IA ne fait-il pas forcément gagner du temps sur l’ensemble d’un projet ?
- Comment reconnaître le moment où il vaut mieux reprendre la main plutôt que multiplier les corrections ?
- Quels usages de l’IA apportent une aide concrète pour préparer les développements, relire le code et résoudre les bugs ?
- Comment former les développeurs juniors sans les rendre dépendants d’un outil dont ils ne savent pas toujours vérifier les résultats ?
- Acheter un logiciel ou développer une application en interne : qu’est-ce que l’IA change dans cette décision ?
- Par quels projets simples une PME peut-elle commencer, même sans équipe de développement ?
Nous abordons également l’adoption des outils par les équipes. Avant de généraliser son CRM, le groupe s’est appuyé sur des utilisateurs clés pour le tester pendant plusieurs semaines. Une manière de faire remonter les difficultés, mais aussi de créer des relais sur le terrain pour accompagner son déploiement.
Autre sujet essentiel : le coût d’un logiciel ne se résume pas à sa création. Il faut aussi le maintenir et suivre les évolutions des services auxquels il se connecte. Jérémy explique pourquoi son équipe choisit de développer certains outils, tout en continuant à acheter des solutions spécialisées pour d’autres besoins.
Cette expérience ne l’a pas conduit à abandonner l’IA. Elle lui a permis de préciser la place qu’il souhaite lui donner : préparer les fonctionnalités, structurer les projets, repérer des erreurs et faciliter la maintenance. Avec une expertise humaine pour comprendre, vérifier et décider.
Son conseil aux dirigeants : commencer par quelques tâches répétitives qui prennent du temps aux collaborateurs, sans impact direct sur les clients. Un exemple évoqué dans notre échange : automatiser le calcul des distances domicile-travail pour libérer une demi-journée de travail. Des gains concrets, à accompagner d’une formation aux usages de l’IA et à la confidentialité des informations partagées.
Un échange pour les dirigeants de PME, DSI et responsables de projets numériques qui souhaitent intégrer l’IA dans leurs pratiques avec une vision plus précise de ses possibilités et de ses limites.
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Retrouvez Jérémy Muller
- LinkedIn : Jérémy Muller — https://www.linkedin.com/in/jeremy-muller-3452009a/

