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Le métavers est-il un moyen (pauvre) de fuir la réalité ?

Le métavers est-il un moyen (pauvre) de fuir la réalité ?

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J’entends, ici ou là, que le métavers, en tout cas, celui que l’on imagine, ou celui qu’on imagine tel qu’il est présenté par Mark Zuckerberg (qui, décidément, défraye la chronique depuis qu’il a eu la bonne idée de présenter le métavers de Facebook (que je continue à appeler Facebook, malgré tout, car, Méta, personne ne sait ce que c’est (un peu comme si vous aviez décidé d’appeler du jour au lendemain Coca-cola, en Super ou Trobon))) <- bref, je referme les parenthèses.

J’entends donc, ici ou là, que le métavers serait une sorte d’ennemi du genre humain, une utopie malsaine, un échappatoire – ultralibéral aux mains des pires forces capitalistiques – à la réalité, la triste réalité qui nous entoure. Une sorte de monde lisse qui serait entre les mains de l’humanité (Enfin, du moins, entre celles de ceux qui tireront les ficelles. A priori, les Mark Zuckerberg et ses semblables. Le pire serait qu’Elon Musk s’y mette aussi, le cauchemar serait complet) dont la perfection nous permettrait d’oublier les petites misères de la vie réelle.

Je ne peux pas m’empêcher de m’inscrire en faux contre cette pensée qui voudrait que tout univers virtuel aux faux airs de jeu vidéo ne serait qu’une machination machiavélique pour nous esclavagiser dans une monde matrixien. Où nous serions tous des néo NEO à la recherche de notre propre destin. De manière bien superficielle, bien évidemment, car il ne peut y en avoir qu’un, de NEO, mais ça n’est pas grave, le programme de Zuckerberg aurait tout prévu et ferait croire à chacun qu’il serait l’élu.

Car, en fait, il n’y a vraiment rien de nouveau sous le soleil.

Un entrepreneur qui sent le danger venir et la nécessité de changer de business model. Si j’étais Zuck, je ferais pareil. Plutôt que d’attendre la catastrophe, j’anticiperais, et créerais un nouveau service, dans lequel je pourrais retrouver tous mes petits bébés (la pub, essentiellement) et même d’autres petits bébés (les NFT, notamment), en me pourléchant les babines d’avance de tant de bitcoins se profilant à l’horizon, et en me disant, qu’en y étant le premier, je raflerai la mise.

Le métavers n’est pas une utopie. Ça n’est pas un projet sociétal. C’est un produit. Un truc destiné à nous faire cracher au bassinet à la puissance mille.

Il faudrait donc vraiment être naïf pour y voir autre chose qu’un parc d’attraction géant version 3.0. C’est à dire un endroit où l’on s’amuse et où l’on peut, tranquillement, en étant client, se faire rançonner par ses créateurs. Exactement comme lorsque vous allez dans un parc Disney.

La différence, c’est que c’est virtuel, énorme, et que ça rapportera (si ça marche, des trilliards de trilliards et plus que ça même, mais je ne connais pas le mot pour décrire des nombres à 15 chiffres et plus).

Alors, le danger ? Le danger, ça sera quoi ? Que des millions de jeunes s’y jettent avidement à la recherche d’un bonheur et d’une réalité qu’on ne trouve plus dans la vraie vie, sur terre ? Et puis quoi ? Qu’ils n’en reviennent pas, du métavers ? Qu’ils y vivent comme les gros bonhommes de Wall-e ? Se transforment en méta-consommateurs 3.0, à peine capables de marcher, et de réfléchir ?

Et si le bonheur, c’était aussi d’avoir des métavers ?

Et si les métavers, c’était aussi la vie ?

Est-ce que ça n’est pas humain de vouloir s’échapper de la réalité ? N’avons-nous pas déjà inventé des milliers de moyens d’y parvenir ? Par la musique, par la drogue, par le sport, par le jeu, par l’Art ? Par la Religion ?

Le métavers ne serait-il pas qu’une nouvelle excroissance de notre désir insatiable de fuir les problèmes et les difficultés du quotidien en entrant dans un monde qui nous procure cette sensation de pouvoir nous libérer de notre misérable condition de petits terriens avec 2 bras, 2 jambes et une pauvre tête ? N’est-il pas juste un avatar technologique de tout ce que nous avons déjà créé pour nous mettre dans des états de transe, d’absence, pour pouvoir voyager dans des ailleurs qui nous transportent ? En quoi est-ce si nouveau ? En quoi serait-ce pire que nos précédentes inventions ?

Alors, oui, laisser ça uniquement aux solutionnistes capitalistes de la Sillicon Valley ne serait pas une bonne chose. On sait bien ce qu’ils font de leurs bonnes intentions une fois qu’ils sont milliardaires. On sait bien qu’ils ne contrôlent pas tout, les apprentis sorciers, et que leurs inventions provoquent des événements inattendus dans la réalité (les fameux effets de bords ou externalités négatives).

Là est le danger. Dans la trop grande concentration des pouvoirs. Dans le risque de ne devoir plus frayer que dans un monde de services et de loisirs possédé par 3 ou 4 sociétés au maximum. Sans aucun contrôle démocratique. Sans contre-pouvoirs.

Le problème n’est pas dans le métavers en lui même. Le problème est dans celui qui en sera le maître. Et, là, oui, on ne peut décemment pas laisser passer encore une fois, l’occasion de mettre un peu d’ordre d’avance, dans ce qui s’annonce être un nouveau far west dont les futurs maîtres sont déjà sur les rangs pour bâtir des nouveaux empires.


Cet article m’a été inspiré par celui-ci: L’être humain est-il l’animal du métavers ?

2 réponses à « Le métavers est-il un moyen (pauvre) de fuir la réalité ? »

  1. […] Pour poursuivre cette réflexion, vous pouvez lire aussi : le Métavers est-il un (pauvre) moyen de fuir la réalité ? […]

  2. […] Pour poursuivre cette réflexion, vous pouvez lire aussi : le Métavers est-il un (pauvre) moyen de fuir la réalité ? […]

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