LinkedIn nous vole nos données, et alors ?

LinkedIn nous vole nos données, et alors ?

Avatar de Olivier Sauvage

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Ça fait le buzz depuis deux ou trois jours.

Sans prévenir personne, LinkedIn a décidé, comme ça, d’exploiter toutes les données sur sa plateforme pour alimenter son IA.

Quelle surprise !

Les réactions ne se sont pas faites attendre : « Scandale, on nous vole nos données ! Encore une exploitation abusive de notre travail ! Les plateforme ne respectent rien ! »

Alors si il y a une chose que ne respecte pas LinkedIn, c’est d’abord la RGPD, car, comme l’a rappelé François Saltiel, le journaliste de France Culture, dans sa chronique de ce matin, le groupe détenu par Microsoft a allègrement marché sur la réglementation (ou plutôt, s’est servi d’une de ses failles) pour ne pas demander l’autorisation à ses utilisateurs de se servir de leurs données.

Mais c’est là qu’on peut se poser des questions (un peu ironiquement, je l’avoue) : quelles données ?

A peu près tout ce qui est sur LinkedIn est déjà gentiment pillé par tous les moteurs de recherche, par chatGPT et consorts…

Qui plus est : ne lit-on pas à longueur de posts que les contenus sur LinkedIn sont générés à plus de 50% par de l’IA. De l’IA qui pille de l’IA, est-ce sérieux ? Apparemment, oui…

Mais mieux encore (si je peux me permettre), depuis quelques années LinkedIn subit une inflation de contenus qui se ressemblent tous les uns les autres. Moi même, je participe à cet immense recyclage d’infos qu’on trouve ailleurs, qu’on se partage, et avec lequel, on rédige son avis, sa note, son opinion, ou avec lequel, on se scandalise des abus des grandes plateformes que nous utilisons, pour beaucoup, sans dépenser un kopeck.

Alors… oui, que LinkedIn se permette de bouffer de la donnée sans nous demander notre avis, c’est peut-être un peu abusif… mais pour bouffer quoi, au juste ? Soyons honnête, dans toute la masse des choses publiées sur LinkedIn, peu valent réellement un intérêt, on un style ou une écriture originale, ou publie des contenus vraiment fouillées et intéressants… mais il y en a ! Et d’ailleurs, en étant partagé sur LinkedIn, leurs auteurs ne donnent-ils pas leur consentement à ce que leur travail soit déjà réexploité par la plateforme ? Puisque son cœur de business, c’est justement de créer du contenu pour entretenir la « vibe » autour d’elle même.

Ne soyons pas hypocrite ! Indignons-nous, mais pour les choses nécessaires et réelles. Indignons-nous, mais quand cela concerne la véritable liberté d’expression ou la véritable exploitation… mais pas sur une plateforme où nous avons depuis longtemps abandonné notre droit à garder nos données….

Et comme, je le dis souvent : si vous ne voulez pas que vos données soient exploitées, alors n’allez pas sur les plateformes !

2 réponses à « LinkedIn nous vole nos données, et alors ? »

  1. […] LinkedIn font face à ce risque… tout en l’encourageant. Ne se souvient-on pas de l’annonce de LinkedIn de s’arroger le droit d’utiliser tous les contenus généré… pour alimenter ses propres algorithmes d’IA ? Contenus eux mêmes générés en IA, […]

  2. […] and even the very serious LinkedIn face this risk… while encouraging it. Do we not remember LinkedIn’s announcement of claiming the right to use all content generated on its platform to feed its own AI algorithms? Content itself generated by AI, according to circulating figures, […]

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