Alors ? Ça donne quoi, ces navigateurs IA, censés nous révolutionner l’existence ? De mon côté, ça fait quelques jours que j’utilise Comet de Perplexity et pour l’instant, je ne suis pas décoiffé par l’expérience offerte. Oui, c’est sympa d’avoir une fenêtre de chat ouverte à côté de votre page web pour lancer des requêtes, interroger le navigateur sur le contenu de la page courante ou même faire exécuter des tâches automatiquement, mais, pour l’instant, son utilisation ne me donne pas plus de sensations que celle de rouler avec un vieux vélo auquel on aurait rajouté un moteur à galet électrique. Tout est décousu… poussif et pas tellement plus pertinent ou mieux que Google Chrome.
Un petit gars de Verge a mis Atlas sur le banc d’essai et il en ressort que ça n’est pas tellement mieux… et même en deça de ce qu’on pourrait attendre d’une société multi-milliardaire comme OpenAI. Lisez son compte-rendu, le constat n’est pas fameux. Sa lecture m’a fait ressentir la même impression qu’avec Comet : un produit « pas fini », pas encore affirmé dans sa différence avec un navigateur classique, intégrant mal les deux types de navigation (au prompt ou au clic)… un programme Frankenstein, en quelque sorte, faits avec des bouts d’autres programmes, mais mal cousus ensemble. Le pire étant sans doute l’agent IA, cette soi-disant prochaine révolution du Web, à qui il a fallu plus de 10 minutes pour ajouter trois produits au panier sur Amazon.com (Comet fait largement mieux, mais reste quand même très lent… c’est à se demander pourquoi Amazon s’en prend à Perplexity, comme je l’avais expliqué dans mon dernier article).
J’ai l’impression que ces navigateurs IA reflètent surtout la course à l’échalote qui se joue entre les géants du Web qui tentent tout pour rafler les plus grandes parts de trafic, à n’importe quel prix, même sur celui de mettre sur le marché des produits inaboutis, mal testés, non sécurisés. Ça me rappele la fameuse phrase d’Audiard : « Les cons, ça osent tout, c’est même à ça qu’on les reconnait. » OpenAI, Perplexity seraient-ils des c… d’après cette définition ?
Cela dit, on se tromperait en pensant que ces navigateurs ne vont pas changer quelque chose au Web. On sait déjà que Rufus, l’agent IA d’Amazon pourrait lui rapporter 10 milliards de dollars supplémentaires dans les années à venir. Shopify, l’autre géant du ecommerce, fait aussi le pari des agents et prépare sa plateforme à leur arrivée massive. Le débarquement actuel, quelque peu bringuebalant, ne change rien au fait que d’ici quelques semaines ou quelques mois, on verra de plus en plus de ces navigateurs IA et autres agents IA assister les utilisateurs de plus en plus les gens. Et si on en croit Amazon, ce n’est pas une projection, c’est déjà une réalité. En France ? Il faudrait demander l’avis des spécialistes du trafic pour savoir où en est l’invasion. La dernière étude du CREDOC montre que nous ne sommes pas des early adopters et que la révolution arrivera peut-être un peu plus tard.


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