IA et environnement : comment les internautes en parlent

IA et environnement : comment les internautes en parlent

Avatar de Olivier Sauvage

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Je me suis amusé à analyser les commentaires d’un article récent de The Verge à propos de la consommation énergétique de l’IA. L’article lui même trouve son origine dans la publication d’une nouvelle étude sur le sujet et je ne me pencherai pas ici sur la question du « l’IA est-elle un gouffre énergétique ou pas ? », mais sur la manière dont les gens réagissent à ce genre d’articles.

A l’aide de Gemini, j’ai donc analysé les commentaires (strictement modérés par the Verge, ce qui fait que toutes les réactions n’apparaissent pas -,je suppose les plus virulentes ou à côté de la plaque – mais elles sont sans doute quand même représentatives).

3 types de réactions : antis, pros et désabusés

3 groupes se distinguent nettement :

Le groupe des « inquiets »

Ce sont les plus nombreux 57% (17/30). Pour eux, l’IA est un danger qui les inquiète. Leurs arguments principaux sont les suivants :

  • Ils dénoncent une forme de privatisation des ressources. Les Big Tech s’empareraient selon eux des sources d’énergie.
  • Et cela, au profit d’activités qu’ils trouvent futiles au détriment d’activités plus utiles comme la médecine ou la science. Je note qu’ici personne ne fait allusion à la perte d’emploi, qui est pourtant un sujet phare des inquiets de l’IA, comme l’histoire des pubs générées par l’IA le montre bien.
  • Leur exigence est qu’au lieu détournerr l’électricité ou l’eau de la communauté pour leurs data centers, les big techs devraient construire leurs propres sources d’énergie, comme les centrales nucléaires, par exemple (ce qui est déjà le cas, en fait).

Le groupe des « anti-inquiets » (30% – 9/30).

Is ne sont pas vraiment des ardents défenseurs de l’IA, mais ils s’opposent aux argument des apeurés.

  • Ils rappellent que l’eau utilisée dans les serveurs ne disparait pas, mais est seulement évaporée
  • Ils relativisent les chiffres de la consommation d’énergie en la comparant à d’autres secteurs, notamment l’agriculture (avec une allusion à la culture de … en Californie, état notoirement pauvre en eau)
  • Ils sont persuadés que l’IA résoudra par elle même ses problèmes énergétiques et restent optimistes

Le groupe des « désabusés » (13%, le reste)

Ce sont ceux qui semblent fatigués de ces débats sans fin. Ils ont deux réactions :

  • Pour eux, de toute façon, c’est trop tard. L’IA est là et on ne reviendra jamais en arrière. C’est comme un rouleau compresseur qu’on n’arrêtera pas
  • L’ironie : nous lisons ces articles et nous faisons ces débats sur des matériels (téléphones, ordinateurs) qui sont bien plus polluants que l’IA, d’où leur ironie.

J’ai aussi analysé le ton des commentateurs et là aussi, c’est intéressant.

Un contraste frappant dans le ton des arguments

Là encore, et c’est marquant, le ton se divise en trois groupes, exactement les mêmes que les précédents.

Les inquiets : ton très émotionnel

Le style des arguments est souvent très dynamique et très émotionnel. Ils sont souvent remplis d’agressivité, mais plutôt à l’égard des Big techs que des autres commentateurs. Dans tous les cas, ce sont l’urgence, l’indignation et la colère qui dominent. Leurs arguments sont plutôt courts et expressifs.

Les anti-inquiets : ton posé et supérieur

Ce qui frappe dans le deuxième groupe, c’est la tonalité calme et posée des arguments. Ceux-ci sont souvent argumentés (et plus long) et dits sur le ton de la leçon donné. Même s’ils ne sont pas agressifs dans la forme, ils le sont dans le fond et tournés vers les autres commentateurs, notamment par un mépris quand à leurs connaissances techniques du sujet.

Les désabusés : calmes et ironiques

Le troisième groupe, presque sans surprise, utilise l’ironie avec des phrases courtes et lapidaires. Le ton n’est pas agressif et marque juste le désintérêt ou la lassitude pour le sujet.

Cet article n’est en rien représentatif et n’est pas une statistique, mais je trouve qu’il montre bien la manière dont le débat autour de l’IA s’établit. Ce qui domine est tout de même un sentiment négatif (si on compte les blasés et les inquiets). Mais personne n’est vraiment anti-IA (je ne dirais peut-être pas la même chose si on parlait de la pub Coca-Cola ou Mac Donald’s).

Il y a une sorte d’acceptation ou de résignation sur le fait que l’avènement de l’IA est inéluctable. Personne ne semble non plus vraiment nier le fait que l’IA consomme beaucoup d’énergie. Mais deux camps s’opposent (et je suis sûr que si on pouvait faire une analyse sociale des commentaires, on aurait une séparation nette entre CSP++ et les autres) sur le fait que certains pensent que les big tech se réguleront plutôt d’eux mêmes en comptant sur une espèce de sagesse (pas vraiment avérée dans les faits), tandis que les autres compte sans doute plus sur le fait que ce sont les instances étatiques qui devront forcer les big tech à aller puiser leur énergie ailleurs et moins en dépenser.

Gemini conlut, de son côté, que les deux camps semblent désesépremment irréconciable, mais… est-ce que ça n’est pas la vie des réseaux sociaux aujourd’hui (ce qui ne me réjouit pas, je vous le dis sans détour).

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