La rédaction de Numerika vient d’apprendre une triste nouvelle. De source sûre, Tesla ne serait plus le numéro un mondial des constructeurs de voitures électriques et aurait été dépassé par le chinois BYD, l’ancien fabricant de batteries électriques, dans laquelle le célèbre investisseur américain Warren Buffet avait investi 230 millions de dollars en 2008. Toujours le nez creux, celui là.

Evidemment, c’est un peu décevant (pléonasme). Après tout ce que nous avait fait croire Elon Musk. Bon, on avait bien senti qu’il y avait quelque chose de pourri au royaume d’Elon quand on avait vu le design du Cybertruck. On s’en était ému, à l’époque, pensant à une sorte de poisson d’avril ou de hoax sur X, mais non, il s’agissait bien d’un véritable prototype, d’une véritable voiture, qui allait véritablement entrer en production.
Grâce à l’aide de l’intelligence artificielle, nous avons enquêté sur les propos d’Elon Musk à propos de ce véhicule tellement étrange.
« Il y a toujours une chance que le Cybertruck fasse un flop parce qu’il est tellement différent. Mais je m’en fiche. Je l’aime vraiment, même si les autres ne l’aiment pas. Les autres pick-ups se copient tous les uns les autres, mais le Cybertruck semble avoir été conçu par des extraterrestres venus du futur. »
Bien vu, Elon. Au moins, on ne pourra pas te reprocher de manquer de réalisme. C’est vrai que quand on est payé plusieurs dizaines de millions de dollars à la journée, on peut se foutre complètement de ce qu’on fait. Un p’tit échec de plus ou de moins, ça n’est pas ça qui va changer beaucoup ton nombre de yachts ou de villa de milliardaire à Palm Beach.
« Nous avons creusé notre propre tombe avec le Cybertruck. C’est l’un de ces produits spéciaux qui n’apparaissent qu’une fois de temps en temps. Et les produits spéciaux qui apparaissent une fois de temps en temps sont incroyablement difficiles à mettre sur le marché, à atteindre un volume de production et à être prospères. »
C’est peut-être un peu fort, car Tesla n’est pas encore morte. Mais il faut reconnaître que le Cybertruck a dû coûter un bras à la compagnie. Moins de 60,000 en ont été vendus depuis 2023, alors qu’Elon en prévoyait en moyenne 250,000 par an. Un million avait été précommandés. On imagine la déception de ceux qui s’étaient laissé bernés par cette arnaque au design musclé et viriliste.
« C’est la technologie de défense ultime pour l’apocalypse. […] Nous avons vidé un chargeur entier de pistolet mitrailleur Tommy gun dans la porte, façon Al Capone, et aucune balle n’a traversé. »
Ça doit être ça l’explication. Même si la présidence de Donald Trump y ressemble (pour nous les européens), l’Apocalypse n’est finalement pas arrivée, ce qui a rendu le Cybertruck un peu moins intéressant.
Toutefois, soyons honnêtes (un de nos avantages concurrentiels majeur, chez Numerika), le Cybertruck n’est pas la cause unique des piètres performances de Tesla. Il faut dire qu’Elon ne s’est pas ménagé pour torpiller lui même sa marque. Salut nazi, soutien à l’extrême droite en Allemagne, compromission avec le gouvernement Trump (avec qui il a fini par se fâcher aussi) ont entaché, comme on dit pour rester poli, sa réputation et fait de l’entrepreneur à qui rien ne résiste un bad boy de la tech raciste, extrémiste, boursouflé d’orgueil, irrationnel et à vrai dire presque fou.
En France et en Allemagne, deux marchés importants pour Tesla, les ventes se sont effondrées, les teutons et les mangeurs de camembert ne comprenant sans doute pas l’humour blanc sud-africain. Un malentendu regrettable sans doute imputable à un problème de Google Translation ou à une différence culturelle de sensibilité politique. On ne le saura sans doute jamais. Toujours est-il qu’en Europe, Tesla vend désormais moins de véhicules que Volkswagen.
Non, ce qui a vraiment plombé Tesla, c’est… la fin des aides financières pour les véhicules électriques aux États-Unis, grâce à Donald, le grand ami d’Elon (ex-ami), connu notoirement pour détester de tout ce qui pourrait ressembler à quelque chose qui pourrait aider à sauver le climat (les véhicules électriques, par exemple). Ah Donald !
Manque de bol, le marché américain étant le plus important de Tesla, et les américains étant sensibles à leur porte-monnaie, tout comme le reste des habitants de cette planète, cette mesure a mis à mal la commercialisation des Model Y, C, et autres véhicules de la marque, sans compter notre fameux Cybertruck, dont l’oraison funèbre ne devrait pas tarder à être prononcé.
Ajoutez à cela un manque de renouvellement de la gamme (forcément, il fallait d’abord s’occuper du Cybertruck), des promesses sans cesse non tenues, comme la conduite autonome toujours pas d’active malgré les multiples déclarations d’Elon que plus personne ne croit, hormis ses actionnaires, ce qui reste une énigme pour nous. Et puis, il ne faut pas non plus rabaisser le mérite de BYD arrivée sur le marché avec ces véhicules de meilleure qualité, plus innovants et moins chers.
Tout cela fait que la marque qui devait d’ici 2030 produire 20 millions de véhicules par an, a sorti en 2025 péniblement 1,64 millions de ses diverses usines à travers le monde (contre 1,8, l’année précédente). Bon, il reste encore 4 ans. C’est possible. On y croit. Euh non… ça va être compliqué quand même, mais, enfin, bon, c’est pas grave, puisque Elon, qui est un malin, a changé son fusil d’épaule et déclaré que de toute façon, Tesla n’était pas un fabricant automobile, mais un fabricant de robots humanoïdes multitâches et de voitures autonomes.
Ah d’accord. Ça change tout !
Même si c’est vrai, il va y avoir du pain sur la planche (savonnée). Question véhicule autonome, Tesla ne brille pas par son avance. Alors que seulement quelques Tesla autonomes roulent (avec chauffeur de secours humain sur le siège avant) dans les rues d’Austin au Texas, Google opère plus de 2500 de Waymo (sans chauffeur) dans celles d’Austin, San Francisco et d’autres villes (même si cela ne va pas quelques fois sans mauvaises surprises : voir notre excellent reportage sur le sujet).
Question robot : on attend de voir, puisque en dehors d’une démo truquée – des humains activaient à distance des robots soi-disant autonomes lors d’une cocktail party -, les fabricants chinois produisent déjà en masse des unités autonomes de robots humanoïdes qui servent à plusieurs usages.
Alors Elon, on t’attend ! Tu as prouvé ton génie et ta capacité à surpasser le marché avec Tesla (il fut un temps) et avec SpaceX, mais là, maintenant, il faut revenir, ranger les saluts nazis au placard, arrêter les Cybertruck, fermer sa bouche trop grande et se concentrer sur le business. Peut-être que retrouveras la flamme.


Laisser un commentaire