Ce qui nous frappe au CES (Consumer Electronic Show de Las Vegas, le plus grand salon au monde de gadgets électroniques et de robots), c’est l’omniprésence, partout, de robots en tout genre : des robots qui travaillent à l’usine, des robots qui font la vaisselle et réchauffent des croissants au micro-onde, des robots qui rangent les chambres, des robots qui font des calinous aux vieilles personnes isolées, des robots qui grimpent des escaliers, des robots qui font du ping pong, mais surtout, surtout, surtout des robots, des tas de robots qui font du karaté, du kung fu, de la bagarre, quoi ! Comme si le but de l’humanité avait été de recréer à son image des machines super balèzes destinées à mettre des coups de pied dans les roustons de leur créateurs.
J’ai vaguement lu un truc là dessus. La plupart des fabricants de robots étant chinois, faire faire des mouvements de karaté ou de je ne sais quel art martial oriental, serait une forme de soft-power oriental pour nous rappeler à nous occidentaux que la culture chinoise a plus de fondement que la notre et que leur technologie est issue du prolongement d’une tradition millénaire mêlant philosophie et souplesse du corps, un truc comme ça, je n’ai rien compris, mais toujours est-il que, oui, beaucoup de ces démos de robots nous les montre en train de balancer des coups de pied dans l’espace, comme si c’était ça le summum de la technicité robotique et que c’était la preuve ultime du progrès en matière de robotique.
Soit.
Alors, puisque nous sommes virtuellement en direct du salon de Las Vegas, on a eu l’idée de vous proposer de faire un petit tour de ces robots (Certains vous ont déjà été présentés sur Numerika. Si vous êtes des fidèles lecteurs, vous serez un peu déçus, mais lisez jusqu’au bout cet article,vous pourriez être surpris).
La star du salon, c’est évidemment Atlas, qui a l’air beaucoup plus doué pour faire le malin sur scène que pour bosser dans une usine (voir notre article d’hier). Je me souviens des premiers progrès (déjà) impressionnant des robots de Boston Dynamics. Il est clair que BC est parvenu aujourd’hui à produire une machine polyvalente aux caractéristiques impressionnantes, mais qui reste encore à l’état de prototype. Moi, je me pose toujours la question : pourquoi faire des robots humanoïdes polyvalents, alors que ceux qui sont spécialisés sont bien plus performants ? Les spécialistes pourront mettre leurs avis en commentaire.
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Le T800 : je ne sais pas grand chose de lui, à part qu’il a l’air de vouloir sérieusement en découdre avec quiconque s’approche de son stand. Il n’a pas l’air très content. Mais sans doute qu’il fera, lui aussi, moins le malin, lorsqu’on lui demandera de ranger des pare-brises dans une usine auto chez Hyundai, comme Atlas, le premier robot de notre sélection.
Le robot suivant était au salon ou pas. Mais on voulait vous le montrer aussi. Encore un karaté-kid de puces et d’acier. Brrr… je n’aimerais pas le rencontrer dans un couloir de métro sombre la nuit à New-York (pourquoi New-York, je ne sais pas, mais cette ville étant réputée pour ses mauvaises fréquentations, c’est ce qui me paraissait le plus probable).
Pour ceux qui n’aiment pas les chiens et préfèrent les boîtes de conserve à roulettes, Rovar X3 assouvira tous leurs fantasmes. Perché sur ses deux roues, il est censé pouvoir franchir tous les obstacles, monter des escaliers (à la manière d’un crapaud-limace), vous accompagner partout où vous voudrez. Sans doute beaucoup plus docile qu’un vrai animal, et beaucoup plus mignon, en voilà au moins un qui ne tente pas de vous impressionner avec un coup de savate ou des grands cercles en l’air avec les bras. Et pour cause, des bras, il n’en a pas. Punition de ses créateurs ? Véritable choix technologique ? On ne le saura pas.
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Le karateka solitaire. On ne sait pas qui est ce robot, ni pourquoi après avoir fendu la foule, il a tenté de faire des prises de karaté. Toujours est-il que ça s’est mal terminé sur lui et que ses créateurs ont vainement tenté de le réanimer. Sans doute que le soleil de Las Vegas ne lui a pas convenu et qu’il fut victime d’un petit coup de chaleur. En tout cas, nous lui décernons sans conteste la palme du rire, tant la scène finale est digne des meilleures productions cinématographiques humoristiques françaises.
Rendez-vous à la dernière slide de ce post.
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Dans le genre humour, ce petit bonhomme n’a pas à rougir de ses performances. Dans un combat à mains nues, si on peut dire, il n’a rien trouvé de mieux que d’envoyer un magnifique coup de pied dans l’entrejambe d’un ingénieur. Le plus drôle ? C’est l’ingénieur lui même qui s’est donné le coup de pied. Le robot se contentait ici de reproduire ses mouvements en temps réel.
Ha, mais voilà un concurrent de CLOID, dont je vous parlais hier. Onero H1 ouvre le robinet, le ferme, sait sans doute aussi très bien mettre des croissants au micro-onde, et ressemble à tour d’aération de centrale nucléaire miniature, ce qui n’est pas très cool pour un robot.
Nous finissons ce reportage palpitant avec Sharpa, le robot pongiste, qui a l’air aussi à l’aise avec une raquette que moi avec un instrument de musique. Après avoir battu un humain au jeu de Go, à quand un champion du monde de ping pong électronique ? Vu la mobilité de Sharpa, on peut encore dormir sur nos lauriers.
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Attention, Sharpa n’est pas si nul ! En plus de mal jouer au ping pong, il sait plier du papier très très lentement. Quel homme, ce robot !


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