Comment des chercheurs ont tenté de recréer l’esprit de Molière avec une IA
Des chercheurs de la Sorbonne et un collectif d’artistes ont créé une pièce de Molière entièrement avec de l’IA. Une nouvelle pièce, comme si le grand auteur dramatique l’avait écrite lui même. Avec ses propres tics de langages, ses archétypes de personnage, son humour. Le résultat sera joué au cours d’une représentation unique au mois de mai à Paris par la compagnie Théâtre Atelier Sorbonne qui a pour but de faire revivre les anciennes techniques de déclamation du XVIIème siècle.
Mais ne vous méprenez pas !
Il aura fallu plus d’un prompt pour arriver au résultat. Deux ans auront été nécessaires. Entre ajustements de l’IA à la mémoire trop courte et relectures et réécritures par des experts de Molière, cette œuvre a été le fruit d’un travail acharné, collectif et patient. Molière, lui, tout seul, avec son seul cerveau et sa plume ne pouvait n’avoir besoin que de deux semaines pour pour mettre sur le papier un de ses chefs d’œuvre et je ne doute pas qu’un écrivain doué pourrait faire de même aujourd’hui.
Un projet de création artistique pour prouver quoi ?
Ce que je me demande, c’est pourquoi dépenser autant d’énergie et de sous (plus de 1,5 millions d’euros quand même) pour produire à la fin une sorte de pastiche de pièce de théâtre dont je doute de l’intérêt artistique ? Pourquoi vouloir imiter Molière alors que le théâtre contemporain aurait bien besoin d’un nouveau Molière, un homme ou une femme qui aurait le même talent pour peindre les travers de nos sociétés ? Il y en a sûrement, mais j’avoue mon inculture en ce domaine.
L’IA peut-elle imiter l’art ? L’IA peut-elle être autrice ? L’IA peut-elle faire de n’importe qui un artiste ? A 1,5 million d’euros la pièce, la réponse paraît chère, mais elle nous est déjà, en réalité, apportée par ce groupe d’amateurs de nouvelles technologies.
Inventer, créer, émouvoir, concevoir sont des qualités purement humaines qu’aucun programme n’est à même de remplacer. Je parlais hier de vibecoding. Développer une application grâce à l’IA, c’est sans doute savoir coder sans savoir coder, mais le succès et la survie de cette application ne dépendent pas de son code, mais bien de son adéquation avec un besoin humain réel et son utilisation. Cela, une IA seule ne pourra jamais le déterminer, car elle n’est pas à l’intérieur de nos têtes, de nos univers, et ne pourra jamais se substituer à nos désirs profonds d’humain.
Conclusion
Je souhaite bonne chance à ce collectif pour leur création. L’IA est réellement en train de bouleverser nos modes de création que ce soit en littérature, au cinéma, en publicité, en marketing ou en développement d’application. Mais elle ne remplacera jamais l’art et les artistes. L’art n’est pas le produit d’une machine, mais de celui de l’esprit humain. Et, pour l’instant, aucune machine ne possède cet esprit ou est capable de l’imiter.


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