Une révolution dans le ecommerce ? Encore une ? Oui, mais cette fois, c’est pas pareil.
Et si on parlait ecommerce dans Numerika ? Google vient juste de dévoiler son UCP (Universal Commerce Protocol), une sorte de jeu de règles pour que les agents IA puissent dialoguer simplement, rapidement et facilement avec les sites de ecommerce. Un moyen de faciliter le travail des agents en leur rendant les données d’un site aussi transparente qu’un verre de table sortant à peine du lave-vaisselle.
C’est tout l’enjeu.
Les grands de l’IA sont convaincus que le Web du futur passera par leurs agents. Il n’y a qu’à voir le trafic dément de ChatGPT pour le comprendre : entre 200 et 300 millions d’utilisateurs par jour dans le monde… qui posent des questions, demandent des conseils, s’épanchent dans l’espoir d’aller mieux, et… font du shopping.
On ne connait pas encore les chiffres de cette nouvelle habitude, mais si Google et OpenAI se décarcassent pour créer des protocoles et signer des accords avec les plus grandes marques de distribution (Walmart, Target) ou les plus grands éditeurs de solutions de ecommerce (Shopify, Paypal ou Pinterest, d’ailleurs, en train se flinguer par sa propre IA générative), ça n’est certainement pas pour donner du travail en attendant qu’autre chose se passe à leurs développeurs payés comme des stars de football.
Il y a un marché à prendre et il est très très juteux
On peut raisonnablement se douter qu’il y a un marché à prendre et qu’il est juteux comme un bon ananas bien mûr.
Ces gens là ne se déplacent pas pour gagner des clopinettes.
Qu’espèrent-ils au fond ? Que le consommateur et la consommatrice moyen passeront tellement de temps sur leurs IA qu’ils se mettront aussi à y acheter des brosses à dents, des voyages, des ordinateurs, des voitures, des ananas sans aller sur les sites de leurs marchands habituels (Tremble Amazon !).
Ils ont la conviction que l’expérience qu’ils offrent à travers leur chatbot est si fantastique et surtout si simple qu’il leur suffira d’apporter sur un plat toutes les fonctions de ecommerce pour que leurs utilisateurs se mettent à acheter sans sortir de leur plateforme. Un espoir ou une vision garantie ? Comme je l’avais déjà expliqué dans un article sur les chatbots : ceux-ci répondent encore très mal aux exigences des utilisateurs pour fournir des expériences aussi fluides et simples que celles qu’on mit des années les sites marchands à fourbir.
Le langage naturel ? Pas une panacée pour les interactions homme-machine
On aurait tort de croire que le langage naturel est la manière la plus simple d’interagir avec un programme. Il n’en est rien !
C’est plus simple dans certains cas, beaucoup plus compliqués dans d’autres.
Le fameux et disparu (?) Métavers de Mark Zuckerberg, pour lequel le milliardaire inventeur de Facebook avait brûlé des milliards de dollars sans compter, en sait quelque chose. Ce n’est pas parce que vous imitez la réalité que c’est plus naturel. Notre réalité du quotidien est parfois bien lourde pour les mondes virtuels et ça n’est pas pour rien que des milliers de designers d’interface ont usée leurs fonds de culotte dans les open space et les web agency digitales pour créer des interfaces (2D) sans langage naturel pour nous aider à mieux gérer la puissance du digital.
C’est un pari, mais sans doute un pari déjà à moitié gagné. L’engouement pour ChatGPT depuis son lancement ne se dément pas. On en veut pour preuve le lancement de divers services destinés (comme la santé, avec ChatGPT Health) à renflouer les poches percées d’OpenAI qui n’a toujours pas trouvé le chemin de la rentabilité. Et Google, qui est en retard, y croit aussi très fort. Autrement, il n’essaierait pas de nous mettre du Gemini à toutes les sauces, de nos tableurs à nos outils de mails, en passant par leurs outils développement.
Le langage naturel, c’est l’avenir donc. En tout cas, tant que les gens y trouvent satisfaction. Et pour l’instant, on ne voit pas venir le moindre signe d’une désaffection des gens pour l’IA.
Il faut donc y aller.
Et pour les marchands ! Qui vivra verra. Une chose est certaine, ils vont devoir raquer encore un peu plus. Google était une drogue dure. Qu’est-ce que ça va être avec le protocole UCP.


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