OlivierSauvage.com : Digital insights for B2B decision-makers.

Digital insights for B2B decision-makers.

Quand OpenAI joue au docteur et à la doctoresse

Quand OpenAI joue au docteur et à la doctoresse

Avatar de Olivier Sauvage

Article par :

On n’avait pas vu venir le ChatGPT Health, lancé discrètement aujourd’hui, mais abondamment relayée sur les réseaux sociaux.

Quoi de neuf là dedans ? Pour vous ? A première vue, rien !

Mais, en y regardant de plus près : un robot IA capable de vous aider dans tous vos problèmes de santé en vous connaissant (presque) parfaitement. Je dis presque, parce qu’il ne connaîtra de vous que ce que vous voulez bien lui laisser comme informations. C’est à la fois rien, et c’est à la fois énorme, parce que multipliée par les 230 millions de personnes qui jouent déjà au docteur avec ChatPGT chaque semaine, ça fait une base de données que ni Google ni Apple ni posséderont jamais.

40 millions par jour.

Je ne sais pas si vous vous rendez compte. L’équivalent d’un peu plus de la moitié de la population française qui irait chez le docteur chaque jour.

Si c’était en France, ça ferait une queue de 54326km de long, parce qu’il n’y a pas assez de médecins.

Le changement, c’est quoi ?

Alors qu’aujourd’hui vous demandez à ChatGPT ce qu’est ce pustule purulent qui vous démange dans le creux de l’aisselle, il vous répondra, en supposant qu’il ne confonde pas votre pustule avec une capsule. Mais le lendemain, comme frappé d’amnésie, il ne saura même pas qui vous êtes (ou à peine).

OpenAI, perdant toujours 12 milliards de dollars par an, et toujours en manque de revenus, flairant la manne, s’est donc décidé à ouvrir un canal spécialisé dans la santé dans lequel rien ne changera pour vous, hormis le fait que tout ce que vous lui donnerez sera répertorié, mémorisé, agrégé avec les tous les bobos et autres cancers des millions de personnes qui confient leur santé à une IA. Une base de données gigantesque qui vaut bien plus de barils de pétrole que Trump pourra jamais en obtenir en envahissant une dictature sudaméricaine.

Pour l’heure, OpenAI assure que tout restera confidentiel et que les données ne seront pas utilisées à des fins d’entraînement (son de flutieau), mais on se demande ce qui les retiendrait (à part la RGPD en Europe), étant donné que se servir des œuvres de millions d’artistes ou des contenus de millions de sites pour l’apprentissage de leur IA ne les a pas tellement gêné aux entournures.

L’histoire d’OpenAI, c’est un peu comme l’histoire du scorpion et de la grenouille, à ceci près qu’OpenAI est insubmersible, tandis que la grenouille mourra toujours de la piqûre du scorpion. Autrement dit, quand OpenAI aura les données, elle les vendra : aux assurances, aux labos de recherche, aux fabricants de matériel de santé, etc… Comment pourraient-ils s’en empêcher ?

Mais ne soyons pas trop cynique : la collecte de données de santé, l’utilisation des IA pour faire de la prévention, l’agrégation des données pour détecter des problèmes sont de réels progrès. Espérons seulement que ceux qui en tireront partie ne seront pas toujours ceux qui tirent les ficelles de la technologie, mais que les bienfaits de ce progrès puissent réellement bénéficier à la santé de la population.

0 0 votes
Évaluation de l'article
S’abonner
Notification pour
guest

2 Commentaires
trackback

[…] ChatGPT Health, dont on peut douter de la volonté de ne pas accéder aux données personnelles, étant donné les méthodes de cowboy de Sam Altamn […]

trackback

[…] l’ordonnance. Au lieu de ça, chatGPT Health (puisque c’est de cela dont je parle, souvenez-vous de son lancement il y a deux semaines) serait, d’après une expérience tentée par un journaliste du Walshington Post (attention, […]