Bitchat, l’application de réseau social de la révolter iranienne va-t-elle envahir le monde ?

Bitchat, l’application de réseau social de la révolter iranienne va-t-elle envahir le monde ?

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Deux jours pour créer une solution réellement innovante

Ce matin, j’aurais pu vous parler de l’arrivée de la publicité dans ChatGPT.

Ce n’est pas une très grande nouvelle.

Bien que Sam Altman s’en soit défendu à plusieurs reprises, il a fini par craquer devant la pression des investisseurs qui commencent sans doute à perdre patience devant une entreprise qui carbure au diamant et ne génère pas un kopeck de revenu, malgré des tentatives d’exploiter sa base d’utilisateurs – plus de 200 millions par mois – de trouvailles plus ou moins inspirées, mais toujours sujettes à caution :

L’homme qui m’intéresse, ce matin, c’est Jack Dorsey. Quelqu’un qui ne vous dit peut-être rien, mais qui a eu une influence conséquente sur notre monde, puisqu’il est est le fondateur de Twitter, devenu X aujourd’hui.

Jack Dorsey s’est toujours intéressé à la communication et aux réseaux.

À l’origine, il y avait Twitter

J’avoue que quand j’ai découvert Twitter en 2007 et que j’ai créé mon compte, je croyais plutôt à une blague : une application qui permettait d’envoyer des messages de 250 mots à n’importe qui dans la twittosphère. Je n’avais pas compris le concept. J’aurais dû être plus malin. Twitter a eu une destinée exceptionnelle et a joué (et joue encore, malgré ce qu’en disent les bonnes âmes effrayées par son nouveau propriétaire, Elon Musk) un rôle prépondérant dans le monde de la tech, du politique et des journalistes.

C’est encore un des outils les plus puissants pour relayer rapidement de l’information, surtout l’information chaude, et tout le monde se souvient du rôle qu’il a joué dans les différents printemps arabes ou d’autres révolutions et révoltes.

Malheureusement, Twitter est soumis comme tous les autres réseaux sociaux à une contrainte majeur : pouvoir accéder à Internet pour fonctionner.

On le voit aujourd’hui avec la révolution iranienne. Le gouvernement ayant mis le couvercle sur toutes les communications, Twitter ne peut pas jouer son rôle.

Quand le vibecoding s’en mêle

Est-ce pour cela que Jack Dorsey, dans un moment inspiré de désœuvrement l’été dernier, a publié en toute discrétion un nouveau bébé qui pourrait bien faire parler de lui et jouer son nouveau rôle de Twitter dans les évènements mondiaux à venir ? Et là, vous n’allez pas rire, je pense à la situation américaine, l’ex pays des libertés donc, où le gouvernement Trump cherche à suivre les anti-ICE en épluchant leurs connexions aux réseaux sociaux. Sans système décentralisé, échappant aux réseaux contrôlables par l’Etat, toute communication devient potentiellement un moyen de se trahir.

Telegram était une première réponse à ce problème, mais souffre de la même limite que les autres solutions de communication entre pairs. Sans réseau, pas de réseau.

Bitchat est la réponse à cela.

Développé en quelques semaines avec Goose, un outil de vibecoding (on reparlera du vibecoding bientôt sur ce blog), Bitchat une application qui s’installer sur un téléphone et permet de communiquer de pair à pair, mais SANS PASSER par Internet. SANS PASSER par aucun réseau. Ou disons que le réseau, ce sont les millions d’utilisateurs de Bitchat. C’est vous. C’est moi. À partir du moment où vous avez installé l’application sur votre téléphone.

Bitchat utilise principalement le bluetooth pour échanger des données. Et se sert de chaque téléphone de chaque utilisateur du réseau comme borne de relais. Sa portée est de 300m : il suffit donc qu’un autre bitchatteur (je sais que ça ne sonne pas très bien en français) soit dans le coin pour que votre message fasse un bond (un hop, dans la terminologie bitchatienne) et ainsi de suite. De téléphone en téléphone, un message peut se propager à la vitesse de la lumière, peut être relayé de bout en bout d’un pays, sortir des frontières et informer le monde extérieur des évènements qui se déroulent à l’intérieur.

Ça n’empêche pas Bitchat d’utiliser aussi Internet. Mais quand cela n’est pas possible, c’est le bluetooth qui sert de canal de transmission.

Fidèle à la philosophie « cypherpunk » de Dorsey, l’application pousse la protection de la vie privée à l’extrême :

  • Anonymat total : Aucun numéro de téléphone, email ou nom d’utilisateur n’est requis. L’identité est une clé cryptographique générée localement.
  • Chiffrement de bout en bout : Utilise des protocoles de pointe (Noise Protocol Framework) pour garantir que seul le destinataire peut lire le message.
  • Mode Panique : Une fonction permet d’effacer instantanément toutes les données de l’application en tapotant trois fois sur le logo.
  • Messages éphémères : Par défaut, rien n’est stocké à long terme ; les messages s’effacent automatiquement.

Je suis vraiment tombé par hasard sur Bitchat. C’est l’actualité iranienne qui l’a fait remonter dans ma timeline sur X. Le concept m’a immédiatement frappé. Vous auriez du me voir m’exclamer « Génial » en levant les bras de ma place dans une trattoria italienne d’où j’écris ce post et le silence gêné qui s’en est ensuivi.

J’aime la technologie quand elle prend le contrepied des modes et des grandes tendances, quand elle utilise des moyens détournés pour offrir une réponse innovante à une question complexe. J’aime aussi l’innovation quand elle ne nécessite pas de grands moyens. Il n’aura fallu que 2 jours à Jack Dorsey pour produire une version stable de Bitchat. La preuve que l’on peut encore inventer dans ce monde des choses sans déverser des milliards sur des labos remplis de chercheur surpayés.

2 responses to “Bitchat, l’application de réseau social de la révolter iranienne va-t-elle envahir le monde ?”

  1. […] prendre un café, en attendant que leur programme soit prêt. Jack Dorsey, le fondateur de Twitter, aurait développé Bitchat, sa dernière application, en deux jours grâce à son agent […]

  2. […] en date de cette peur, l’annonce de licenciements massifs chez Block, l’entreprise de Jack Dorsey, fondateur de Twitter, sous prétexte d’IA. C’est en tout cas ce qu’il a dit aux […]

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