Une bulle IA : quelle bulle IA ?

Une bulle IA : quelle bulle IA ?

Avatar de Olivier Sauvage

Article par :

Voir son profil LinkedIn

Une bulle qui tarde à éclater. Et ça commence à être long.

La bulle IA, quelle bulle IA ? Si vous ne savez pas que la bulle IA va éclater, c’est promis, on vous l’avait dit, vous avez été prévenus, c’est que vous êtes un martien vivant en dehors des réseaux. Puisqu’on vous dit qu’elle va éclater.

Une bulle, mais c’est quoi une bulle ?

C’est quand des gens avec des cravates décident d’investir les économies de retraités sans cravates dans des startups qui vendent des services qui n’existent pas à des entreprises qui ne savent même pas qu’elles ont besoin de leur service.

C’est quand les fabricants de cartes à puces pour faire de l’IA achètent les startups en question pour qu’elles achètent encore plus de cartes à puces pour vendre encore plus de services à des entreprises qui ne savent toujours pas plus qu’elles ont besoin encore plus de ces services.

C’est quand le serpent se mord la queue sans savoir que c’est sa queue. Ça lui fait mal, mais il ne comprend pas pourquoi.

Vous l’avez ?

Les vidéos de chat truquées seront-elles la goutte qui…

2026 sera l’année de la bulle selon beaucoup. OpenAI est en passe de mourir (contrairement à ce que je disais hier). Les entreprises ne savent pas toujours très bien quoi faire de l’IA générative. Les chinois (et même les européens) prouvent qu’avec des moyens frugaux, ils peuvent faire aussi bien que les américains. C’est vrai, après tout. Pourquoi bâtir des dizaines de data-centers aussi grands que des terrains de football et aussi goinfres en électricité qu’un afterwork chez Elon Musk, si c’est pour faire encore plus de vidéos de chats truqués, permettre à des arnaqueurs de se faire passer pour des jolies filles, envahir le monde de Starter Packs (vous les aviez déjà oublié, ceux là, je parie) ?

Moi, je crois que personne ne sait vraiment s’il y a une bulle. D’ailleurs, j’ai pour règle de penser que quand autant de monde vous annonce une catastrophe économique, il n’y aura pas de catastrophe économique.

Quand le monde s’effondre, c’est souvent par surprise. Et ceux qui vous expliquent qu’ils savaient ont juste eu la chance d’avoir su sans savoir.

Un petit goût de bulle des années 2000

Je ne sais pas si il y aura une bulle. En 2000, les signes de folies étaient là. L’argent était magique. Les startups se chauffaient avec des dollars. Mais les projets étaient prévus pour un monde en haut-débit, alors qu’on en était encore à nous connecter sur la ligne téléphonique de la maison. Il y avait un grand écart entre la vision des startups et la réalité du terrain. Ce n’est pas le cas aujourd’hui. il y a des usages certains, des bénéfices certains, des dangers certains aussi, mais l’IA générative est déjà intégrée dans nos vies.

En à peine un an, je me suis mis à l’utiliser tous les jours pour quasiment tout ce que je fais. Et je ne suis certainement pas le seul. Même si les entreprises ont du mal à « monter des projets IA », elles l’utilisent toutes. Qui ne l’utilise pas, à titre individuel, pour ses besoins quotidiens ?

La course à la plus grosse que se livrent les géants de la tech n’est pas pour espérer un marché, mais pour devenir l’acteur dominant et incontournable de l’IA. C’est leur obsession. The winner takes it all! Le modèle économique de l’Internet a été construit comme ça. Il n’y a pas de raison que ça soit différent aujourd’hui, pensent-ils. Celui qui aura le plus de data-centers, qui fournira le plus de puissance de calcul sera le champion. Et gagnera la mise, toute la mise !

Faites toutes les spéculations que vous voulez ! Observez toutes les tendances que vous voulez ! Analysez toutes les données des entreprises, vous trouverez toujours de quoi alimenter vos craintes et vos espérances, mais ne vous pourrez pas nier un fait : l’IA est là et elle ne va pas s’envoler en fumée.

Laisser un commentaire