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IA et changement climatique : sus aux discours simplistes

IA et changement climatique : sus aux discours simplistes

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Les data-centers sont les châteaux forts des nouveaux seigneurs de l’IA

L’IA dévore-t-elle la planète comme c’était titré l’autre jour dans le Monde dans une charge virile contre les data-centers, les nouveaux leviathans du techno-capitalisme ? Les data-centers, ce sont les nouveau châteaux fort des seigneurs de l’IA, leurs nouvelles motte castrales, où se fabriquent à l’abri des regards la nouvelle potion magique du XXIème siècel. De l’IA, en veux, de l’IA tu auras. Des giga-terra-peta-flops d’IA. Pure et dure comme de la cocaïne. La nouvelle drogue de la machine économique.

Le data-center, c’est le nouveau totem à haïr, le nouvel ennemi du peuple. Gouffre énergétique, boit sans-soif, grignoteurs de surfaces naturelles. Il a tous les défauts. On faisait moins la fine bouche, il fut un temps, mais l’époque est à la protestation systématique, à la dénonciation permanente, à l’accusation sans fond, pourvu qu’on puisse se dire vertueux en s’abritant dans le camp des défenseurs de la planète.

Assez des discours monofaces

J’ai toujours été énervé par les discours qui ne présentent qu’un seul côté des choses. Dire que les data-centers sont des hérésies environnementales sans jamais dire quels bénéfices apporte l’IA est comme faire un bilan comptable qui ne montrerait que les charges d’une entreprises. Or, dans un bilan, il faut regarder les deux colonnes : les profits et les pertes.

L’IA, ce ne sont pas que des vidéos truquées, des starterpacks, de l’AI slop, loin de là. Dans un très riche article Despise its steep environmental costs, AI might also save the planet, le chercheur Nir Kshetri explique aussi comment l’IA aide à lutter contre le réchauffement climatique.

Là, une startup qui améliore, grâce à l’IA, l’arrosage des plantation et permet d’économiser jusqu’à 40% d’eau. Ici, des data-centers (encore eux), dont la consommation énergétique est optimisée grâce à l’IA. Là, des projets de bureaux dont le chauffage contrôlé par l’IA permettrait de réduire de 30 à 40% la facture énergétique normale. Ici, un programme d’optimisation des trajectoires de vol des avions pour diminuer les effets des chemtrail sur l’environnement. Là encore, des drones pilotés par IA pour détecter des fuites dans des réseaux de transport de gaz.

Ce ne sont que quelques exemples.

En France, Gilles Babinet, Président de la Mission CaféIA, nous avait offert une réflexion complète sur l’apport de l’IA à l’environnement Green IA, entièrement passé à la trappe des médias. Forcément : pas assez alarmiste.

Lutter pour l’environnement suppose une honnêteté intellectuelle que beaucoup ne veulent pas avoir

Ce que je veux dire ici, ça n’est pas que l’IA n’est pas une dépense énergétique nouvelle. Ou qu’elle n’a pas d’impact sur l’environnement.

Les data-centers peuvent être une source de pollution. Leur implantation parfois dans des zones où les besoins d’eau devraient d’abord être réservés à la population est très discutable et discuté. Dans le monde, les communautés se défendent. Mais il y a des abus : c’est le cas avec Colossus II, le giga-méga data center d’Elon Musk, construit à une vitesse record en ne respectant aucune règle, dans une zone déjà largement défavorisé. Mais le problème là, n’est pas le data-center, mais son constructeur.

Mais on ne peut pas construite non plus des discours sur l’environnement en masquant une partie de l’équation. Les data-centers sont peut-être des monstres par leur taille et leur empreinte énergétique, mais on ne peut pas que les regarder sous leur face la plus hideuse. Il faut aussi s’intéresser quels bienfaits ils produisent :

  • Des outils d’accès à la connaissance universelle
  • Des capacités de production nouvelles
  • Des moyens d’optimiser des milliers de processus de production
  • Des outils de recherche scientifique très puissant
  • Des moyens de rendre des métiers moins pénibles

La liste n’est pas exhaustive.

Un débat qui mériterait plus de nuances

Prendre les problèmes sous un angle unique n’apporte pas de réponses. L’environnement est un sujet crucial pour l’humanité, mais on ne le préservera pas mieux à coup d’incantations anti-capitalistes. Toutes les armes, tous les moyens, tous les outils peuvent se révéler utile dans cette lutte. Les rejeter en ne dénonçant que ce qui ne nous plaît pas est malhonnête intellectuellement et contre-productif. Ce combat vaut bien mieux que ça.

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