Se former à l’IA serait-il une si bonne idée que ça ?

Se former à l’IA serait-il une si bonne idée que ça ?

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L’IA va-t-elle créer des emplois ? L’IA va-t-elle tuer des emplois ? L’IA va-t-elle sauver la planète ? L’IA va tuer la planète ? L’IA va-t-elle réduire l’humanité en esclavage ? Va-t-elle la libérer du travail ?

Ce weekend, un écrivain célèbre, surpris en plein flagrant délit de campagne de promo, se faisait joyeusement dézinguer sur X par tout ce que compte comme pro-data center la planète digitale française – c’est vrai que le bougre produisait, avec une belle verve, des arguments aussi fins qu’une bonne poutine arrosée de bière…. autrement dit, c’était du lourd, pas dans la nuance, du gros rouge qui tâche, sans que personne sur le plateau ne songeât à porter un peu de contradiction au fer du fringant soixantenaire.

Il faut arrêter avec les visions manichéennes de l’IA

Dans un monde instable où l’avenir a court terme fuit entre nos mains comme la truite qu’on essaye d’assommer après l’avoir sorti de son étang, nous avons la fâcheuse tendance à raisonner en noir et blanc.

Noir : l’IA va détruire tous les jobs, les seigneurs de l’IA seront les maîtres et distribueront une obole à tous ceux que leur technologie auront privé d’emploi (ce qui n’est pas forcément une mauvaise chose).

Blanc : l’IA va démultiplier les compétences de chacun, détruire des jobs, mais en créer des millions encore mieux et mieux payés, elle sauvera la planète, en optimisant toutes les sources d’émissions de CO2.

Depuis plusieurs mois, j’entends tout et son contraire sur l’IA : les prophètes les plus apocalyptiques s’opposant au schumpétériens, tenants du progrès brandissant l’argument archi-usé que oui, l’IA va détruire des emplois, mais en créer de tellement mieux, que ça serait dommage de s’en passer.

Je dois bien vous l’avouer, je suis plutôt dans le camp des optimistes… l’histoire des deux derniers siècles ayant montré sans aucune ambiguïté que le progrès technologique favorise bien plus la création d’emploi que la destruction, mais bon… je sais qu’aucun argument raisonnable, ni censé, ni parfaitement sourcé et argumenté ne mettra jamais personne d’accord, et que les uns et les autres resteront toujours sur leur position.

Les Echos de ce matin venaient pourtant apporter ce qu’on appelle de la nuance, la nuance n’étant pas le fort des réseaux sociaux, et apportait un éclairage que j’ai trouvé intéressant. Mais qui n’est peut-être pas nouveau non plus : l’IA profitera sans doute beaucoup plus aux personnes les plus qualifiées, les plus à mêmes de pouvoir utiliser l’IA pour soutenir leurs capacités de raisonnement que ceux dont la teneur quotidienne ressemble plus à de l’exécution. Et le risque existe, il a déjà existé, de créer une classe de privilégiés sachant tirer partie de l’IA, et une classe de rejetés, ne pouvant tirer partie de l’IA, mais là, je me permets de vous apporter ma propre nuance : je ne crois pas que la formation à l’IA soit une bonne réponse. Dans un domaine trop mouvant, où l’on ne sait pas de quoi sera fait l’avenir, où les technologies évoluent encore très vite, où de nouvelles manières de travailler avec l’IA changent tous les jours, former les gens à l’IA est, certes, nécessaire, mais dans une petite mesure… pour moi, l’important, c’est surtout d’améliorer la qualification moyenne des travailleurs et travailleuses françaises.

Les gens apprendront à se servir bien de l’IA si ils ont les compétences métiers pour le faire, pas s’ils savent faire de bons prompts. Savoir bien se servir de ChatGPT, c’est avoir tout un corpus de connaissances, un esprit, des connaissances métiers, de la culture qui font que vous ne tombez pas dans les pièges de l’IA.

Apprendre à faire un prompt ? Tout le monde peut apprendre à faire des prompts, et surtout les plus mauvais cancres d’entre nous. C’est même un danger qu’Olivier Babeau pointait bien dans son livre Il ne faut plus faire d’études : croire que l’on devient intelligent parce qu’on sait se servir de ChatGPT et qu’on lui confie toutes nos tâches. C’est exactement l’inverse : plus vous lui déléguez votre intelligence, plus vous l’abdiquez. Et ce sont donc les gens qui aiment se servir de leur intelligence qui deviendront les plus intelligents. Être intelligent avec ChatGPT, c’est le faire avec intelligence… pas de s’en servir comme d’un maître indigent à son esclave tout puissant. Ou sinon, c’est vous qui deviendrez l’esclave.

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2 réponses à « Se former à l’IA serait-il une si bonne idée que ça ? »

  1. […] Se former à l’IA serait-il une si bonne idée que ça ? […]

  2. […] fois de plus, cela confirme ce que je disais dans mes précédents posts : la révolution de l’IA démultipliera les compétences de ceux qui en ont déjà, et rendra […]

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