Je n’aurais pas la prétention de vous donner la réponse, mais il faut tout de même constater qu’en la matière, certains pays avancent et avancent même très vite, et donc, pour ne pas la nommer, mais la nommer quand même, on pourrait citer en un, c’est la Chine, dont la capitale uniquement, pour l’instant, vient de lancer un programme de formation ambitieux à l’IA et à toutes les technologies qui l’entourent.
Je ne vais pas renier ce que je disais hier, car je pense que former à l’IA, c’est d’abord et avant tout former des têtes bien faites… tant qu’on n’a pas une certaine culture, un certain niveau d’éducation, tant qu’on n’a pas une certaine maîtrise des outils du numériques, tant qu’on n’a pas la bonne attitude vis à vis des outils de l’IA, ceux-ci peuvent vite se révéler un piège, bien plus qu’une aide.
Alors, oui, bien sûr, il faut se former à l’IA, mais quelle IA et comment ?
Je me rappelle les années 80, l’époque où je posais mes fesses sur les bancs du collège, puis du lycée, devant l’engouement de ce qu’on appelait la micro-informatique à ce moment là, il prit à nos élites, experts et spécialistes, l’envie de former des classes d’âge entière à la micro-informatique. Je ne sais pas ce qu’est devenu le projet, mais je me souviens qu’en ce temps, on avait encore une industrie informatique (oui, oui, sans blague) et que les écoles avaient été équipées de micro-ordinateurs Thomson, tout beaux tout neufs, qui étaient rapidement devenus obsolètes, et n’avaient sans doute pas eu même le temps d’accomplir ne serait-ce que l’once d’un poil de ce à quoi on les avait assignés.
On nous dit aujourd’hui qu’il ne faudrait pas rater la marche de l’IA, et qu’il faudrait former tous les français à l’IA (quoique ça puisse dire), mais il ne faudrait pas se tromper de combat.
D’abord, si vous lisez l’article de China Daily, cité plus haut, vous verrez que former les gens à l’IA, ça prend du temps, et c’est autant de temps qui est « volé » sur d’autres matières ou disciplines, et je ne voudrais pas épiloguer sur le niveau de l’éducation nationale actuellement, mais, il semblerait qu’il y ait beaucoup à redire, notamment dans certaines matières fondamentales, et qu’avant d’apprendre l’IA, il faudrait déjà apprendre à lire, à compter, et surtout à écrire, puisque, pour l’IA, on écrit beaucoup quand même. Donc, ce temps de formation à l’IA, on le prendrait sur quoi ?
Ensuite, il y a un autre constat qu’il faut tirer : l’IA évolue, l’IA va vite, et l’obsolescence arrive aussi vite dans ce domaine que Zorro sur son grand cheval noir quand il s’agit de mettre la raclée aux espagnols. Certes, l’IA, ce n’est pas la micro-informatique des années 80, et aujourd’hui tout le monde, même les jeunes, est équipé de matériel plutôt efficace et à jour, mais il ne faut pas sous-estimer le fait que nous soyons tout de même à une espèce d’ère préhistorique de l’IA pour tous, et qu’il n’est pas certain que cette ère nous révèle encore pas mal de surprises et de désagréments. Le chemin de l’IA n’est pas un chemin tranquille et ce n’est pas une ligne droite non plus dans laquelle il faut se lancer, toujours sur notre cheval, au galop, sans réfléchir, ou à grands coups de décrets, histoire de faire bien dans une carrière de ministre, mais dont les effets seraient limités ou inefficace. Quand on connaît le manque d’argent de notre ministère le plus important, il ne s’agirait pas de faire les bravaches.
Mais plus sérieusement, je me demande si parfois, désormais, nous ne devrions pas copier la Chine à notre tour, comme elle l’a fait, elle, pendant des années, pour nous inspirer de ses programmes éducatifs à l’IA. Ils ne sont peut-être pas à prendre tels quels, et la manière d’apprendre en Chine n’est peut-être pas la même que la notre, mais je ne peux pas m’empêcher de penser que notre pays, et même peut-être l’Europe, est en train de rater bien des trains, et qu’il n’y aurait pas de honte à en prendre de nouveaux, quitte à être les suiveurs plutôt que les innovateurs, du moins, pendant un certain temps.


Laisser un commentaire