Qui utilise vraiment l’IA ? Qui en tire le plus profit ? Eh bien, la réponse ne vous surprendra certainement pas. D’après une étude récente de Perplexity avec l’Université de Harvard, on est face à vraiment un nombre très restreint de professions travaillant dans des secteurs intensifs en technologies, en connaissances et en données, notamment technologie digitale, recherche/éducation, finance, marketing, et entrepreneuriat.
Sans surprise, les métiers du numérique arrivent en tête :
- C’est le plus grand groupe professionnel en matière d’adoption et d’usage.
- Il représente 28 % de tous les utilisateurs adoptant l’agent et 30 % des requêtes agentiques.
- Cette catégorie inclut notamment des métiers comme développement logiciel, ingénierie informatique, data & AI, cybersécurité, etc.
Ils sont suivis, ça n’est pas étonnant non plus, des métiers de la recherche qui en font un usage intensif pour l’apprentissage, la synthèse d’informations, la revue de littérature et d’autres tâches cognitivement exigeantes.
Viennent ensuite les métiers de la finance qui utilisent ces outils pour filtrer des données financières, synthétiser des rapports, explorer des opportunités et automatiser certains processus analytiques.
Le domaine du marketing et de la vente n’est pas en reste, notamment le marketing et la vente en ligne qui se servent des agents pour la création de contenu, l’analyse de tendances, l’optimisation de campagnes, la gestion de profils.
Enfin, la queue du peloton de tête est occupée par les entrepreneurs.
Le résultat d’une analyse sur plusieurs centaines de millions de requêtes et d’utilisateurs
Cette découverte vient de l’analyse depuis plusieurs mois des données issues du navigateur Comet de Perplexity, un de ces navigateurs IA qui permettent à la fois de surfer sur le Web et de chatter avec une IA. Plusieurs millions de sessions ont permis de déterminer qui et pour quels usages l’IA était utilisée.
Mais attention, ceux-ci ne sont pas tous agentiques, seules les requêtes les plus complexes le sont : celles qui impliquent, par exemple, la prise en main du navigateur par l’agent, ou encore celles qui impliquent plusieurs applications externes pour agir.
Plus les gens utilisent l’IA, plus ils lui demandent des choses complexes
Un autre enseignement intéressant de cette étude est la manière dont l’usage de l’IA évolue parmi ces professions.
Timides au départ, plus elles se familiarisent avec l’outil, plus elles vont lui demander des tâches complexes. Cette progression a montré que l’IA ne remplaçaient pas les compétences, mais permettait à ses utilisateurs de se concentrer sur les tâches les plus stratégiques requérant le plus d’intelligence. Une constatation presque contre-intuitive par rapport à ce qu’on entend souvent sur l’IA. Plutôt que dégrader l’intelligence humaine, elle la servirait.
Un fait plus surprenant est que l’usage des agents au sein de cette population même de early adopters est extrêmement concentrée. Ce que l’étude appelle les « Powers users » montre que ceux-ci font neuf fois plus de requêtes par jour que les utilisateurs moyens et alors qu’ils représentent à eux seuls plus de 50% des requêtes.
On pourra toujours reproche à Perplexity de vanter ses propres mérites, mais il est intéressant de voir que l’usage des agents IA progresse réellement et qu’une fois adopté, les utilisateurs ne reviennent pas en arrière vers des requêtes simples. Cela me fait dire que aujourd’hui, ce sont ceux qui s’emparent les plus vites de ces agents qui vont avoir un avantage compétitif indéniable dans les années à venir. L’IA ne les remplace pas, contrairement à une croyance répandue, elle les rends beaucoup plus fort, comme le disait , le patron de Nvidia, et leur donnait même encore plus de travail. C’est encore un fait qui vient confirmer ma théorie que si on n’y prête pas attention, l’IA aura tendance à accroître les écarts de productivité et d’intelligence dans la population.
Il y aura ceux qui auront pris le taureau par les cornes, et ceux qui se contenteront de suivre sans vraiment saisir ce que l’IA pourra leur apporter. Le problème de l’acculturation et de la formation reste donc bien l’enjeu central de l’intégration de l’IA au monde de l’entreprise et des jeunes.


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