C’est lundi, je me réveille doucement dans la lenteur d’un début de semaine qui s’annonce long et je me demande encore ce que je vais pouvoir écrire dans ce blog, quand je me suis rappelé que j’étais tombé hier sur ce cri du cœur déchirant : une petite explication sur la manière dont les créateurs de vidéos utilisent l’IA dans leurs créations.
Il n’y a aucun plan qui soit 100% en IA générative sur cette vidéo.
— Joueur du Grenier (@Frederic_Molas) December 7, 2025
On a 2 fx artist + 1 autre en renfort qui ont bossé à temps plein (voir plus vu le nombre d’heure supp) pendant 2 mois non stop pour sortir cette vidéo.
Le problème c’est que vous ne comprenez RIEN à l’IA au…
Trop de gens arrêtent leur vision de l’IA à une expérience limitée
Ce que Frédéric explique dans son langage fleuri, c’est que beaucoup trop de gens arrêtent leur vision de l’IA à une expérience limitée et à une connaissance en surface sur les réseaux sociaux. `Beaucoup trop pensent réellement qu’il suffit de savoir bien prompter pour créer une vidéo parfaite en entier ou un programme complet, ou une photo qui imite parfaitement la réalité.
Beaucoup trop de gens pensent que l’IA pourrait facilement remplacer les humains, parce qu’ils croient réellement qu’il « suffit de savoir prompter » pour s’improviser médecin, développeur, avocat, graphiste vidéaste, etc. Ce qu’il exprime très bien, c’est que l’IA n’est pas une baguette magique, mais un outil au service de l’humain, un outil qui renforce les compétences professionnelles, mais pas un substitut, comme on l’entend et comme on le lit trop souvent.
Cette croyance ne serait peut-être pas si grave si elle n’était partagée que par des gens ignares de la complexité de ce monde, mais il y a un problème. On va aussi la retrouver partagée parmi des gens qui ont un rôle social dans la société, par des gens qui sont des relais important d’information : des intellectuels, des écrivains, des philosophes. Et ce n’est même pas le pire !
Quand un Elon Musk dit que le travail pourrait disparaître dans 20 ans, il brouille totalement les cartes et enfume des millions de personnes avec des affirmations qui ne reposent sur rien d’autre que sur ses délires personnels, sur son besoin pathologique de passer pour un Oracle qu’il n’est pas, mais surtout, sur sa méthode de projeter une vision du futur pour continuer à séduire les investisseurs. Cela fait 15 ans qu’il nous vend sa Tesla autonome, qui n’arrive toujours pas. Son voyage sur Mars , ses implants neuronaux, ses robots, toutes ses promesses qui ne sont pour lui que des moyens de s’enrichir et devenir encore plus puissant.
Les grands de l’IA aiment nous faire peur avec des discours alarmistes, mais c’est pour nous vendre encore plus d’IA
Et il n’est pas le seul. On a entendu les pires discours sur l’IA par ceux là mêmes qui en font un business. Je pense à Sam Altman, qui, régulièrement, s’inquiéte de ce que pourrait devenir l’IA, affirme parfois qu’elle pourrait nous échapper. Comme si l’IA était une entité indépendante ! Comme si lui même, le Maître de l’IA ne pouvait contrôler sa propre création.
Quel meilleur discours un patron pourrait inventer ?
« Regardez, j’ai créé quelque chose de tellement puissant et génial que c’est en train de m’échapper. » Enfin, pas tout à fait, parce que, en ce moment, ce qui est en train de lui échapper, c’est l’avance qu’il avait pris sur tous les autres et qui a presque disparu du jour au lendemain avec la sortie de Gemini 3 Pro de Google.
L’IA n’est pas un mythe ou une sorte de super matière envoyée par les dieux de l’Olympe, ni une créature tentaculaire qui prendrait notre contrôle. L’IA ne va pas non plus nous remplacer au travail.
Il suffit de s’en servir pour le comprendre.
Je l’utilise au quotidien, et j’ai plutôt l’impression qu’elle me rend plus créatif, plus inventif, qu’elle m’aide à me débarrasser de tâches que je ne voulais pas faire, qu’elle me donne aussi des compétences que je n’ai pas et que je n’ai pas forcément besoin d’acquérir pour mon travail quotidien, mais je n’ai pas l’impression qu’elle pourrait me remplacer. Une IA serait bien incapable d’écrire le post que vous êtes en train de lire, par exemple…. ou alors le prompt qu’il faudrait pour l’écrire serait quasiment aussi long que ce post lui même. L’IA n’est pas une super intelligence qui ferait mieux que nous dans tous les domaines.
Certes, elle nous bat sur plein de compétences, là où la puissance de calcul qu’il y a derrière et la quantité de données utilisées ne peuvent être faites par notre cerveau, mais elle n’est pas capable de se substituer à notre capacité de raisonnement, notre créativité et elle ne peut pas décider à notre place ce qui est mieux pour nous.
Je trouve affligeant ces intellectuels qui s’emparent du sujet, semblent le découvrir avec 10 ans de retard et s’en alarmer aujourd’hui, et qui partagent leurs craintes sur les plateaux de télé, à coups de grands cris d’orfraie, comme s’ils détenaient une vérité que seuls eux auraient vue. Leur discours ne s’appuient sur rien d’autres que des sensations, des impressions, des émotions.
Il y en a même un qui a avoué qu’il refusait de se servir de l’IA, par principe, pour ne pas alimenter « le monstre ». Comment peut-on rejeter quelque chose et la dénoncer haut et fort en public, alors qu’on n’a pas expérimenté cette chose ?
Alors qu’on vit dans un pays en plein doute, en plein déclin, où les politiciens sont incapables de prendre des décisions et des actions pour affronter le monde de demain, on continue à voir circuler dans les médias des gens qui n’y connaissent rien, prendre la parole et brandir des discours d’arrière-garde, digne des pires stupidités rétrogrades du XIXème siècle, quand le progrès technologique était au cœur du projet civilisationnel européen.
L’IA nous aidera à reprendre le pouvoir sur nous mêmes et à nous améliorer
Bien sûr qu’il ne faut pas nier les dangers de l’IA, bien sûr qu’il faut être prudent, bien sûr qu’il faut établir des règles, bien sûr qu’on ne peut pas tout tolérer et qu’on doit anticiper ses débordements. Mais aujourd’hui, l’important, est-ce que ce n’est pas reprendre le pouvoir par rapport au progrès technologique et par rapport à l’IA ?
Est-ce que la question, ça n’est pas comment nous en emparer ?
Comment nous l’approprier et ne pas la laisser entre les mains des américains et des chinois ?
Et comment transformer notre société en l’intégrant dans tous nos process : sociaux, économiques, militaires, scientifiques, pour nous redonner un élan de puissance et de confiance dont nous manquons cruellement aujourd’hui en France et en Europe ?
Je ne crois pas que les discours anti-IA mènent quelque part, même si je pense que dans une société projet, il faut toujours des voix dissidentes qui alertent et peuvent prévenir. Mais je ne crois pas que l’IA nous remplace et fasse le travail à notre place. Je pense, au contraire, qu’elle pourrait nous donner des ailes, et nous libérer de nombreuses tâches, de nombreux problèmes. J’y crois énormément.
Mais en propageant des croyances rétrogrades fondées sur des observations de surface ou la lecture assidue des réseaux sociaux, qui ne font qu’amplifier l’ignorance humaine dans beaucoup de cas, on ne parviendra pas à transformer notre société si mal en point, ou même, encore mieux, de continuer à assurer notre niveau de richesse et de puissance, dans un monde aux équilibres en pleine mutation.


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