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IA et licenciements dans l’IT : une fausse bonne excuse

IA et licenciements dans l’IT : une fausse bonne excuse

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Révolution techno = mutation du travail

Toute révolution technologique fait peur. Et c’est normal : l’histoire des XIXème et XXème siècle a bien montré à quel point elle pouvait être destructrice. La mécanisation n’a-t-elle pas ravagé des millions d’emplois dans l’agriculture. L’industrialisation n’a-t-elle pas volé le travail de millions d’artisans ? Et l’IA aujourd’hui ne va-t-elle pas transformer des millions de cols blancs en chômeurs ?

C’est bien ce que l’on pourrait croire à en voir les annonces qui ont lieu aux USA ou, à grands coups de plan sociaux massifs, sont rayés des effectifs de grands cabinets de conseils des hordes de développeurs ou de consultants, sous prétexte d’optimisation de la productivité et des coûts, donc, grâce à la puissance implacable de la sacro-sainte IA, provoquant la peur des foules et alimentant tous les habituels fantasmes liés à l’arrivée d’une nouvelle technologie révolutionnaire.

Il ne serait pas normal de ne pas avoir peur face au changement

C’est normal que l’IA fasse peur. C’est normal que nous nous sentions en proie au grand remplacement, celui des machines, pas des migrants (désolé pour ceux qui s’étaient déjà excités sur le terme), c’est normal même que nous cherchions à repousser cette technologie (voir le mouvement vegan-IA). Ce sont des réflexes de survie parfaitement normaux, mais, comme je viens de le dire, ce sont des réflexes, et certainement pas des raisonnements un peu plus poussés qui nous permettraient d’y voir tout de même un peu plus clair dans toute cette histoire, et surtout nous permettrait de prendre en main notre destin intelligemment face à la situation (ce qui est quand même le propre de l’homme par rapport aux animaux).

C’est un article de l’ADN qui m’a fait réagir. On peut y apprendre, si on fait l’effort de dépasser les quelques premières lignes de l’article, l’IA ne serait pas réellement la cause des licenciements, mais un prétexte, une manière en réalité, de se montrer plus vertueuses qu’elles ne le sont.

Au fond, qui croire ? Mais est-ce bien une question de croire ?

Je sais, ça peut paraître paradoxal (licenciements = vertu), mais il faut se mettre dans la peau des investisseurs. Quoi qu’on pense de leur morale et de leur éthique, ceux-ci n’ont qu’un objectif: rentabiliser leurs investissements. Mais aussi justifier leurs investissements. Et à ce compte là, une entreprise qui dit qu’elle investit dans l’IA et qu’elle est en train de préparer son futur grâce à l’IA doit être interprété comme un message positif, quelque soit le nombre de morts. Car, vous avez bien compris, qu’à ce niveau, personne ne se souciait vraiment du rôle social de l’entreprise dans la société. Une seule chose compte : le rendement.

Mais qui faut-il croire ?

Aujourd’hui, ceux qui font de la recherche (c’est dans l’article de l’ADN) avouent ou préfèrent plutôt avertir que mesurer l’impact de l’IA sur l’emploi est un exercice difficile tant on manque de recul. N’oubliez pas ça ! Ce genre d’études demande du temps. Elles sont réalisées sur un terrain mouvant, changeant : les technologies n’arrêtent pas d’évoluer, de changer et rendent complexe la récolte de données. Ils ont bien un avis sur la question (plutôt positif, d’après l’impact est minime ou nul), mais pas étayé. Oui, on aimerait bien savoir la vérité, mais on ne le peut tout simplement pas.

A la Sillicon Valley, personne n’est d’accord

Faut-il croire les cadors du business ? Entre un Elon Musk qui pense que la fin du travail est arrivé dans moins de 20 ans (bonne nouvelle) et un Bill Gates qui en a un peur peur, le pauvre chouchou, personne n’est d’accord. Et nous, pauvres humains moyens, pauvres quidams de tous les jours, nous raccrochons, en général, à ce que nous voulons le plus croire… c’est du mystique plus que de la science.

Dernier venu sur le sujet : Jensen Huang, le patron de Nvidia, le maître des puces. Pour lui, l’IA ne va pas nous priver de travail, ne va pas supprimer d’emplois, mais nous donner encore plus de travail. Aïe aïe aïe !

Mais son argument n’est pas si nul, si je peux me permettre… En tout cas, il rejoint mon expérience personnelle : avec l’IA, j’ai l’impression de faire plus de choses intéressantes. Ce qui m’ennuie, je le délègue à la machine. Ce que j’aime, je le garde pour moi. Vous savez, comme la bonne part du plat. Vous vous réservez le meilleur. Et je fais encore plus de meilleures choses (enfin, j’espère), car quand j’aime faire quelque chose, j’y mets plus d’énergie et d’intelligence que dans des tâches qui m’ennuient.

Je trouve Jensen convaincant.

L’IA va-t-il « empouvoirer » uniquement les plus intelligents ?

Mais là où j’ai un doute : je ne sais pas si on peut l’appliquer à tout le monde. Peut-être n’est-il vrai que pour les gens intelligents (oui, je me classe personnellement parmi ceux-là, je vous laisse juge) ?

Une chose est certaine : l’IA est là. Elle ne va pas disparaître, à moins d’une guerre thermonucléaire. Ou bien, l’inverse, c’est nous qui allons disparaître au profit des machines. Ça non plus, nous ne pouvons pas le prédire.

En tout cas, moi, quand je suis face à quelque chose de nouveau, avant de m’enfuir (si j’ai peur) ou avant d’essayer de le détruire (si je suis d’humeur belliqueuse), j’essaye de le comprendre. C’est quand même la grande force des humains, non ? De comprendre comment fonctionnent les choses ? D’être curieux ? Vous vous souvenez de Rahan ? Non ? Peut-être pas si vous êtes nés après les années 80. Rahan était un homme préhistorique beau, sexy, blond aussi et très musclé (et pourtant Basic Fit n’existait pas en ce temps là), qui avait vraiment une attitude de winner par rapport à ses congénères : avant de tuer ou de fuir, il cherchait toujours à comprendre et à exploiter la nouveauté. C’était comme ça qu’il survivait et qu’il progressait. Et, j’allais dire, soyons tous des Rahan, non ? Essayons un peu de nous comporter comme les dignes représentants de notre espèce.

Essayons de comprendre, d’apprivoiser, de maîtriser et de nous améliorer.

La solution : lisez ce paragraphe

Je me demande si au temps de Rahan, il y a des gens qui ont essayé d’interdire le feu.

« Halte au feu qui détruit le travail des chasseurs (conservation de la viande plus longue) et celles des guérisseurs (nourriture plus saine et hygiénique). »

Comme il a été démontré depuis longtemps par Schumpeter (et pas le Schtroump péteur), l’innovation technologique crée de l’emploi plutôt que d’en détruire… mais cette destruction est rarement sans douleur (et oui, quand on casse quelque chose, ça fait toujours mal) et c’est cela qu’il faut éviter.

Pour ou contre l’IA ? La question n’est déjà plus là. Et celle qu’il faut se poser, c’est :

  • Comment nous emparer de l’IA ?
  • Comment s’en servir pour nous rendre plus fort ?
  • Comment éviter de laisser des gens sur le bord de la route ?
  • Et, bien sûr, last but not least, comment éviter, pour une fois, qu’une technologie ne vienne pas saloper toute la planète ?

Conclusion très très courte

Je crois qu’on. a du boulot là, non ? Qu’en pensez-vous ?

Une réponse à « IA et licenciements dans l’IT : une fausse bonne excuse »

  1. […] Quand un Elon Musk dit que le travail pourrait disparaître dans 20 ans, il brouille totalement les cartes et enfume des millions de personnes avec des affirmations qui ne reposent sur rien d’autre que sur ses délires personnels, sur son besoin pathologique de passer pour un Oracle qu’il n’est pas, mais surtout, sur sa méthode de projeter une vision du futur pour continuer à séduire les investisseurs. Cela fait 15 ans qu’il nous vend sa Tesla autonome, qui n’arrive toujours pas. Son voyage sur Mars , ses implants neuronaux, ses robots, toutes ses promesses qui ne sont pour lui que des moyens de s’enrichir et devenir encore plus puissant. […]

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