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L’IA rend-t-elle vraiment le monde meilleur ?

L’IA rend-t-elle vraiment le monde meilleur ?

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Comment les patrons de la tech nous vendent l’IA

On entre dans une drôle d’ère.

D’un côté, les patrons de la tech prédisent tous la fin du travail et des développeurs, de l’autre, aucun chiffre ne prouve que ce qu’ils disent est vrai.

Et ce serait peut-être même l’inverse selon une nouvelle étude, parue récemment (résumé ici) : pour l’instant, les patrons (ceux qui ne passent pas leur vie à parler aux médias) ont du mal réellement à voir les gains de productivité promis par l’IA… quant à l’impact sur l’emploi… certains nous promettaient des millions de licenciement ou l’apocalypse… on en est loin… !

Il vaut mieux prédire l’apocalypse que le paradis, toujours !

Alors, c’est sûr, on peut toujours s’amuser à faire des prédictions. On peut toujours prédire le pire. Sachant que les gens sont toujours plus à l’écoute quand ils entendent des mauvaises nouvelles que quand ils en entendent de bonnes. Oui, on peut s’imaginer que des homards vont prendre le pouvoir ! (Si vous ne comprenez pas l’allusion, c’est que vous n’avez pas lu mon article sur Clawdbot). S’imaginer que nous sommes en train de créer des intelligences supérieures qui voudront nous détruire.

Tiens, oui, au fait ? Pourquoi une intelligence supérieure voudrait nous détruire ? Si elle est supérieure, ne voudrait-elle pas, au contraire, vouloir faire la paix, développer la civilisation, guérir des maladies ?

Pourquoi préfère-t-on entendre que le progrès va nous détruire plutôt que nous aider ?

Non, dans l’esprit des apôtres de l’AGI (l’intelligence artificielle général, dont je peine toujours à comprendre ce que ça serait), une IA supérieure aura forcément pour but de « prendre le contrôle de l’Humanité », de la détruire ou de la saboter… un peu comme dans les films d’invasion extra-terrestre… je préfère ne pas vous dire mon avis sur cette pensée, d’un niveau tellement bas que même un poisson rouge passerait pour intelligent.

Il serait temps de revenir à un peu plus de réalisme

Il serait temps de remettre un peu les pendules à l’heure et de se tourner vers un peu plus de réalisme… et de ne plus écouter les patrons de la tech dont la seule ambition est de gagner encore plus d’argent, et de vous vendre encore plus leurs datas centers, peu importe les conséquences… car, ils auront beau se parer de tous les atours de la sagesse, de la prudence ou de la philosophie, ils ne peuvent pas dissimuler vraiment leur âme de patrons carnassiers que le monde laisse indifférents et dont ils préparent déjà les éventuelles mauvaises conséquences (cf Mark Zuckerberg et son blockhaus luxueux en cas de… guerre atomique…. prise de contrôle par les IA… catastrophe climatique… etc.)

Quelle transformation est réellement à l’œuvre ?

Aujourd’hui, une transformation est à l’œuvre, mais elle n’est pas celle que nous imaginons ou celle que nous envisageons. Et à vrai dire, plus les choses avancent, plus je me dis qu’il n’est EN RÉALITÉ pas vraiment en train de se passer quelque chose.

Plusieurs indicateurs laissent à penser que nous nous dirigeons vers un méga-flop (une bulle diraient d’aucuns). Soyons sérieux, peut-être pas un effondrement, mais en tout cas, un sacré coup de bâton, un gros retour en arrière. Car, que constate-t-on ?

De la difficulté à mesurer les gains de productivité engendrés par l’IA

Les gains de productivité ne sont pas vraiment au rendez-vous. Ils sont difficile à mesurer, et le sentiment qui prédomine, c’est que si il y a des gains, ce n’est pas flagrant. Dans l’article que je publiais la semaine dernière sur l’IA et le travail (IA : fausse promesse de réduction du temps de travail), je soulignais bien que plutôt que de nous faire travailler moins, l’IA nous faisait travailler plus…

Une répartition inégale de l’effort

Et surtout, elle fait travailler plus les cadres, qui travaillent déjà beaucoup, car, une autre étude l’a montré, dans les niveaux inférieurs des entreprises, les gains ne sont pas significatifs que cela, et les employés de bureau, les cols blancs de base, qui constituent la masse aujourd’hui des travailleurs ne voient pas vraiment les gains dont ils bénéficient de l’IA. Non, pas parce qu’ils ne savent pas tirer profit de l’IA, mais parce qu’elle ne leur apporte pas les bénéfices espérés…et après avoir joué à faire deux/trois prompts pour résumer un rapport, ils se rendent vite compte que la transformation par l’IA n’est pas en marche pour ceux qui les concerne.

Pour ce qui est du métier de développeur, le changement est radical, mais ne change pas leur temps de travail

J’en discutais l’autre jour à propos du développement. L’IA fait-elle réellement aller plus vite ? Oui… ! Tout à fait ! Sauf qu’elle faire perdre aussi énormément en correction, en surveillance, en déboguage, en réparation en tout genre… anihilant par là les gains de productivité précédemment obtenu. Alors, je pose une question : à quoi sert-il de gagner du temps d’un côté pour en perdre autant de l’autre côté ? Et quel est l’impact réel de tout cela ? Une transformation du métier de développeur, c’est certain… (voir l’article sur Spotify), mais pas une destruction massive de main d »œuvre… en tout ca, ce n’est pas à quoi on assiste.

Une première : la hausse des embauches des développeurs aux US

Le début de l’année a vu une hausse pour la première depuis quelques années des embauches des développeurs dans la tech aux US. Contre toute attente ! Si l’IA doit détruire des emplois, pourquoi embauche-t-on alors à nouveau des développeurs ?

Hormis quelques secteurs spécifiques (traduction, doublage, mannequinat, eh oui…), très peu de profession réagissent en alertant sur des destructions massives d’emplois. Est-ce que vous avez vu les comptables sortir dans la rue pour protester ? Les médecins ? Les comptables ? Les profs ? Non, personne ne sort dans la rue, parce qu’ile ne se passe, en réalité, rien.

« Oui, mais vous n’avez encore rien vu. »

Alors l’argument massif des prophètes de malheur, c’est : « oui, mais vous n’avez encore rien vu. Les progrès sont tels que d’ici quelques mois, les vagues de licenciement massifs vont nous déferler dessus. »

Cet argument est justifié par l’amélioration constante de la puissance des IA génératives et des investissements massifs dans les data centers qui promettent des puissances de calcul phénoménales dont nous n’avons même pas idée, nous pauvres petits ignares humains. L’argument est juste et fort, car, effectivement, cette montée en puissance est ahurissante. Il n’y a qu’à voir les scores de Gemini Pro 3.1, l’algorithme de Google, qui double les performances de son prédécesseur, pour exactement le même prix.

Une progression permanente de la puissance des algorithmes

Et cette courbe va continuer à se dresser comme un étendard dans le vent de la révolution technologique… sauf que…. encore une fois, si les puissances de calcul augmentent, les résultats ne suivent pas. Je veux dire par là que l’utilité n’augmente pas vraiment… on en est tous à bricoler des trucs en disant « génial, c’est dingue, mais… dommage que… »Dommage qu’il y ait encore des bugs, des imprécisions, des hallucinations, dommage que… car, oui, on en est tous là, à constater que malgré les progrès indéniables, les IA génératives continuent à faire des erreurs et à se comporter comme des chiens sympathiques, intelligents, mais un peu erratique, pas contrôlable….

Quand Amazon se plante à cause des agents IA

C’est d’ailleurs intéressant de voir la mésaventure arrivé à Amazon récemment (voir notre article) qui avait laissé un peu trop seul son agent IA prendre le contrôle sur ses serveurs pour s’apercevoir que ceux-ci avaient décidé d’eux mêmes d’effacer certaines données sans prévenir….

Quand j’entends d’ailleurs certains développeurs prétendre qu’ils laissent désormais leurs I A travailler plusieurs heures d’affilées pour eux sans qu’ils fassent rien, je ris, je ris très fort ! De ce que j’en vois, il me semble impossible à l’heure actuelle de laisser des IA travailler pendant des heures pour produire un résultat sans fautes…

L’IA sans supervision humaine n’est rien

Non seulement, on en est très loin, et je ne pense pas qu’on y arrivera vraiment un jour… car dans les LLM se cache un vice de naissance, que ne cesse de dénoncer notre star de l’IA bien de chez nous, Yann Lecun : les LLM ne feront jamais beaucoup mieux que ce qu’elles font aujourd’hui, nativement, parce qu’elles ne sont pas intelligentes et n’ont aucune conscience de ce qu’elles font, et parce que leur manière de produire du code ressemble en réalité juste à des jets de dés… à la fin, cela produit du hasard, pas de la construction humaine rationnelle….

Assez de lire toujours les mêmes stupidités

Je ne voudrais pas qu’en me lisant, vous pensiez que je rejette en masse les IA génératives ou que je ne crois pas qu’elles nous apportent du progrès… c’est bien tout le contraire…. mais j’en suis arrivé à un stade où j’en ai assez de lire toujours les mêmes stupidités : des IA qui auraient une conscience, seraient animées d’intention, qui prendraient le contrôle, feraient disparaître le travail, ou je ne sais quel autre fadaises propulsées régulièrement par les gourous de la tech, qui se moquent en réalité bien de dire la vérité… la seule vérité étant pour eux, la valorisation de leur startup.

Promettre le pire est un très bon moyen de vendre

En promettant le pire, ils entretiennent la hype sur leurs produits et services, ils ravissent les investisseurs et les assoiffés d’argent qui savent qu’on peut leur faire confiance pour guider le peuple vers la lumière et surtout lui prendre ses sous… parce que la réalité est là : le business des ia génératives est auto-entretenu. Il ne tient pas par les progrès réels qu’il apporte, il tient parce qu’il existe un discours autour de cette technologie qui nous fait croire à un futur angoissant, incroyable, à une compétition qu’il ne faut pas manquer si on ne veut pas être du côté de perdant à l’avenir.

Alors, sommes-nous vraiment plus productifs avec l’IA ?

Et tout le monde suit ce discours : les patrons des entreprises, parce qu’ils n’y comprennent rien… les employés, les salariés, nous, vous, moi, parce que nous nous émerveillons sur les prouesses de l’IA à notre niveau, sans toutefois savoir si vraiment elles nous apportent quelque chose….

Avez-vous vraiment réduit votre temps de travail depuis que vous utilisez l’IA ?

Êtes-vous plus productif ?

Faites-vous vraiment mieux les choses ?

Avez-vous l’impression de mieux rendre service ?

Posez-vous vraiment ces questions et faites vraiment un bilan honnête, et vous verrez certainement que les gains ne sont pas si flagrants. Si vous passez par dessus la prouesse technologique et les petites pirouettes que vous arrivez à faire (créer un agent qui va scraper quelques infos sur un site, développer votre première app en vibe coding, résumer un rapport de 370 pages en 30s que de toute façon, vous n’auriez pas lu), demandez-vous vraiment où vous gagnez du temps et surtout ce que vous faites mieux.

Conclusion : l’IA nous transforme, mais ne nous rend pas meilleurs

Je ne suis pas sûr que beaucoup de gens puissent répondre par une affirmation sûre à 100%. Nous en sommes tous à nous gargariser des progrès que l’IA nous fait faire, mais la réalité devrait nous obliger à dire que ce n’est pas si « ouf » que ça, comme disent les jeunes… et même pas ouf du tout !

L’IA générative apporte sans doute du changement, de la transformation dans nos métiers… elle nous fait faire les choses autrement… mais fondamentalement, elle ne nous apporte pas beaucoup de progrès… nous ne faisons pas forcément mieux les choses….

Vu les milliards engloutis, on devrait quand même en voir un peu les résultats.

Regardez autour de vous ! Parlez-en à vos amis qui ne sont pas dans la tech…. ont-ils l’impression que leur vie a changé ? Ont-il tous perdu leur travail ?

Le monde autour de vous est-il meilleur ?

Si vous répondez par oui à cette question, je vous dis bravo !

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